Coco bio mais désolant !

Nous ne devons pas être “bios débiles”. En tous les cas, pas pour un bio incohérent et stupide que les géants de l’agroalimentaire tentent de nous faire avaler. Je l’ai plusieurs fois répété lors de conférences, y compris dans les salons « spécial bio » et dans mes livres. Le bio n’est pas un gage de qualité, mais une voie vers l’alternative. Il y a deux façons de consommer bio.

ANALOGIQUE
La première consiste à consommer les produits que l’on consommait en version traditionnelle, en version bio. Ça parait simple et facile et pourtant, ce n’est pas la bonne méthode. En effet, la surconsommation de produits comme les biscuits à l’huile de palme, le chocolat, les yaourts ou le lait se retrouvent ainsi en rayon pour satisfaire une forme de facilité. Je consommais comme ceci, je consomme alors en bio à l’identique, donc je suis bio. Oui, mais, l’industrie agroalimentaire a bien compris ce phénomène. Elle propose alors une pléthore de produits qui n’ont de bio que le respect du cahier des charges interdisant les pesticides. Quid de la qualité intrinsèque du produit, de sa transformation, des ajouts d’améliorants techniques, de l’origine des matières premières, des conditions de travail, du respect de la nature ?

ALTERNATIVE
La deuxième approche consiste à changer d’alimentation, de comportement alimentaire et d’être plus critique à l’égard d’un produit, y compris (et surtout) s’il est bio. Tiens, tout cela me rappelle la désobéissance alimentaire 🙂 L’alternative me permet de trouver dans la culture bio des aliments que justement les rayons des grandes surfaces ne proposent pas. Des aliments non transformés, locaux, sans ajouts d’arômes, de palme… des farines oubliées, des légumes et fruits non calibrés. La vraie vie en somme. Je vous conseille la lecture de « Je ne mange pas de produits industriels » pour développer cette philosophie.

COCO BIO DÉSOLANT
Ce que je déteste le plus en bio, ce sont les produits bios qui se comportent comme de purs produits industriels. On n’hésite pas à réduire la qualité du produit au profit d’additifs -naturels soient-ils. Ce produit bio est alors un « bio industriel » qui apporte une ANALOGIE et non une ALTERNATIVE.

DÉCRYPTAGE
Voici deux litres de lait de coco. Un non-bio de chez Aroy-D, que je connais et apprécie pour son goût et sa simplicité. L’autre, Eco Mil, un pur bio découvert par hasard qui se vante d’être sans sucre.

cocosbio

LA VERSION NON BIO “AROY-D”
On ne peut pas faire plus simple :
– 60 % d’extrait de noix de coco
– 40 % d’eau.

LA VERSION BIO “ECO MIL”
On ne peut pas faire pire, je pense :
– Environ 90% d’eau (ça commence mal)
– 8,5 % de lait de coco (j’ai jamais vu un chiffre aussi bas dans les laits de coco)
– Amidon de tapioca (Index glycémique 81 !!! – La mention « sans sucres » de ce brick oublie de parler du pic d’insuline du tapioca.
– Arôme naturel de coco : inadmissible. Inadmissible naturel soi-il !
– Sel marin, l’exhausteur de goût tout aussi inadmissible.

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