La nutrition et la science

En matière de santé. Trop de curatif nuit au préventif, mais c’est tellement humain comme comportement. Il suffit de voir ce que l’on fait en matière d’écologie. Ce n’est que devant le gouffre que nous réagissons.

Je peux lire sur des sites internet et à la radio « La nutrition, nouvel enjeu de santé publique ».

Il est expliqué que l’épidémie de maladies liées à l’alimentation ne cesse d’augmenter et que les scientifiques continueront à amplifier leurs efforts en terme de recherches biomédicales. A en croire les média, nous sommes en train de découvrir un « virus » que nous ne connaissions pas et de ce fait, nous devons analyser cette situation, faire des recherches et comprendre le phénomène ! Mais de qui se moque t-on ? Cela ne fait il pas 100 ans que notre alimentation se dégrade ? Je reste persuadé, aidé par de nombreux ouvrages, que le problème de notre société reste la nutrition !!!

Nous avons transformé notre langage. Nous ne parlons plus d’aliments mais de nutriments. Nous ne parlons plus de pôtée, de gratin dauphinois mais d’oméga 3, phytostérol, gras trans et autres vitamines et composants. Michaël Pollan, auteur, parle de « nutritionnisme » et je le rejoins pleinement dans son constat. A qui profite cette situation complexe, où nous ne savons plus à qui nous confier à part nos publicités alléchantes. Ou nous n’avons plus le repère de la mère qui cuisine des produits de base. Mais alors quelle est la solution ? Je ne sais pas si c’est une solution, mais en tout cas une réponse. Je consomme des produits bruts, non transformés par l’industrie agro alimentaire.

Chez moi, il y a farine non raffinée, beurre de barrate, sucre non raffiné complet, sel marin, oeufs, lentilles, fruits, légumes, etc. et nous considérons la cuisine comme un lieu de rencontre et d’échange. Tout ce que je sais en matière de cuisine, mes enfants le savent ou sont en train de l’apprendre. A 11 ans, ma fille sait faire des sushis et sa pâte sablée toute seule. A 16 ans, mon fils sait aussi faire des brioches au beurre, des croquants ou meringues. Cela ne relève pas du miracle mais de l’éducation et cette éducation est le meilleur rempart contre l’obésité et l’industrie agro alimentaire et je suis d’ailleurs à ce sujet très étonné que Xavier Darcos (alors Ministre de l’Éducation nationale) est jugé négligeable et secondaire les cours de cuisine à l’école. Essayez d’imaginer la façon dont mangeaient nos arrières grand-parents. Ils mangeaient des plats traditionnels ! Le mot est lâché. Des études très explicites ont démontré que les peuples qui encore aujourd’hui consomme une alimentation traditionnelle sont exempts de maux « modernes » liés à la consommation industrielle. Caries, varices, hémorroïdes, diabètes, cancers, avc, hypertension, … des maladies ou complications que ces peuples ne connaissent pas ou peu. Il n’y a pas besoin de faire d’études spécifiques pour comprendre l’obésité. Il faut simplement écouter et respecter la nature, éduquer, culinairement, nos enfants. Il faut se passer des produits transformés et reprendre l’équilibre des plats traditionnels ! Une truite aux amandes, une soupe, un bœuf bourguignon, une fricassée, un gratin de courgettes, … autant de mets qui cachent un équilibre extraordinaire en vitamines, en satiété, en répartition acide/basique …

Autant de petits plaisirs qui ont su traverser les siècles sans « empoisonner » nos aïeuls et forger des réputations régionales : le Sud-Ouest, Crête, Okinawa, Provence et tant d’autres.

// Pour info. Thierry Souccar (auteur et éditeur), précise que les séniors cuisinent avec des produits « bruts » 50% de leurs temps, alors que les jeunes générations plafonnent à 20 %. Sachant qu’il s’agit d’une moyenne, je n’ai pas eu de mal à trouver des excès chez des amis à moi qui fonctionnent à 0% de produits bruts. Ils consomment 100 % de produits transformés par l’industrie agro-alimentaire.

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