Quand les graines du salon bio sèment le doute

Comment semer les graines du doute !

Je fais les salons bio pour deux raisons.
Parce que j’y trouve les produits nécessaires à ma consommation et parce que j’écoute les discours des clients dans les allées et les discours des commerçants. C’est un exercice que j’aime faire car très enrichissant.
On va tout reprendre étape par étape.

Les produits :
Trouvez-vous normal qu’un kilo de châtaignes soit à 7€ le kilo sur un salon alors qu’on le trouve à 2€ en Ardèche ?
Un sandwich fait de pain et d’une fine tranche de jambon d’agneau à 6€. Un plat indien de riz « jauni » avec 4 légumes qui se courent après à 11€. Un cornet de morceaux de potirons frits à l’huile de tournesol à 4€50. La liste est longue. 15, 25, 35€ et plus le moindre accessoire. J’ai eu l’impression d’alimenter un tiroir caisse tout le week-end et non soutenir un réseau alternatif qui a besoin de s’exprimer.
À ce sujet, ma conseillère et experte biologique Stéphanie Prolongeau, m’a fait découvrir chez les nouveaux Robinsons (une enseigne bio exclusivement en banlieue parisienne) des produits à des prix compétitifs qui outre le fait d’être largement moins chers que les mêmes produits présentés aux salons, rivalisent avec brio contre les « bio » industriels que proposent les grandes surfaces. Une farine de moulin type 110 ou des pâtes biologiques moins chères que la gamme « Agir » chez Carrefour ! C’était intéressant de le signaler. À quand des nouveaux Robinsons en province ?

Les clients :
Écoutez bien les conversations des gens. Ils parlent de résultats, de solutions, d’astuces magiques et en perdent tout discernement. On voit une transversalité des compétences ! Tout le monde sait faire ou sait expliquer à son voisin le comment du pourquoi. J’ai assisté à des conversations d’un autre monde. Je fixais les gens, tant j’étais admiratif de leurs talents à dire des mensonges colportés et des inepties à leurs voisins de couloir. Si vous avez du mal à le croire, écoutez ! On dirait la cour des miracles ! Non non et non ! Le bio ne guérit pas et il ne rend pas malade non plus !! Choisir une nourriture biologique, raisonnée et/ou équitable c’est faire un vote contre la malbouffe et l’industrie agro-alimentaire avec une simple assiette. Ce n’est pas « gourou-iser » la méthode et lui donner un côté ésotérique absurde.

Les commerçants :
J’ai remercié, en me présentant, les gens simples qui sont commerçants par passion du bio. Discrètement, j’ai écouté leurs arguments et ils m’ont plus. Explicites, pédagogiques et sains, sans promesse.
Mais aussi entendu des discours à la limite du charlatanisme. Des vendeurs attirés par la manne financière de ces salons pour y vendre par messages confus et pseudo-scientifiques des élixirs, crèmes, compléments alimentaires et autres poudres de perlimpinpin. Les énergies invisibles et forces intérieures ont bons dos !

De façon générale, vous remarquerez que les stands qui vendent des « aliments » sont plus « terre a terre » que ceux qui vendent des « nutriments ».

3 commentaires

  1. Caroline

    Je ne vais plus sur ces salons, mes dernières expériences ayant été extrêmement décevantes : pratiques plus ou moins « gourou » (et coûteuses!), business autour d’un paquet de gadgets promettant du bien-être… Dommage pour les autres.

  2. Valérie G

    Bio ou pas bio, cela reste du commerce.
    Ne sommes nous pas dans une société où ce qui importe, c’est le profit ? et coûte que côute… dans tous les sens du terme !
    Dans le bio aussi on trouve beaucoup d’escrocs…

  3. Martine

    Tout à fait d’accord comme vous je fréquente les salons pour échanger et ne pas hésiter à poser des questions précises je m’intéresse aux producteurs et à leur éthique et recherche les produits les plus purs donc moins transformés à vrai dire il faut avoir une certaine connaissance pour ne pas se faire « avoir » ce n’est pas simple Il faut oser dire quand c’est trop cher CONCLUSION toujours chercher les bonnes informations …

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