Plat de pauvre…

En matière de santé, trop de curatif nuirait-il au préventif ?
Il suffit de voir ce que l’on fait en matière d’écologie pour s’effrayer de la réponse. Ce n’est que devant le gouffre que nous réagissons. Nos aïeuls consommaient les plats de pauvres. Ces plats traditionnels qui permettaient de finir les restes.

Banal ? Pas tant que cela lorsque l’on si penche d’un peu plus près.

Je peux lire sur des sites internet et à la radio « La nutrition, nouvel enjeu de santé publique ». Il est expliqué que l’épidémie de maladies liées à l’alimentation ne cesse d’augmenter et que les scientifiques continueront à amplifier leurs efforts en terme de recherches biomédicales. À en croire les médias, nous sommes en train de découvrir un « virus » que nous ne connaissions pas et de ce fait, nous devons analyser cette situation, faire des recherches et comprendre le phénomène ! Mais de qui se moque-t-on ? Cela ne fait-il pas seulement 100 ans que notre alimentation se dégrade ?
Le problème de notre société reste la nutrition !!! Nous avons transformé notre langage. Nous ne parlons plus d’aliments, mais de nutriments. Nous ne parlons plus de potée, de gratin dauphinois, mais d’oméga 3, phytostérol, gras trans et autres vitamines et composants.
Au moyen âge, le terme « Diététique » utilisé dans un ouvrage qui se nommait « le pourtraict de la santé » proposée par Joseph Du Chesne, Médecin d’Henri IV, reste un terme cantonné à la santé. Il s’agit de l’art d’équilibrer les aliments pour rester en bonne santé. Basés sur la frugalité, nos ancêtres n’étaient pas des voraces, mais bien au contraire de fins connaisseurs. Aujourd’hui vous n’entendez parler de « diététique » que lorsque le mot prend sa connotation « privative » dans un régime alimentaire.

Il y a toute une éducation à refaire, loin des médias et lobbys. Cette éducation est le meilleur rempart contre l’obésité et l’industrie agroalimentaire.
Je reste toujours très étonné que Xavier Darcos – alors ministre de l’Éducation nationale – ait jugé négligeables et secondaires les cours de cuisine à l’école. Essayez d’imaginer la façon dont mangeaient nos arrières grand-parents. Ils mangeaient des plats traditionnels ! Le mot est lâché. Des études très explicites – je pense à Karen O’Dea – ont démontré que les peuples qui consomment encore aujourd’hui une alimentation traditionnelle sont exempts de maux « modernes » liés à la consommation industrielle. Caries, varices, hémorroïdes, diabètes, cancers, AVC, hypertension… des maladies ou complications que ces peuples ne connaissent pas ou peu. Il n’y a pas besoin de faire d’études spécifiques pour comprendre l’obésité. Il faut simplement écouter et respecter la nature, éduquer, culinairement, nos enfants. Il faut se passer des produits transformés et reprendre l’équilibre des plats traditionnels ! Une truite aux amandes, une soupe, un bœuf bourguignon, une fricassée, un gratin de courgettes… autant de mets qui cachent un équilibre extraordinaire en vitamines, en satiété, en répartition acide/basique…
Autant de petits plaisirs qui ont su traverser les siècles sans « empoisonner » nos aïeuls et forger des réputations régionales : le sud-ouest, Crête, Okinawa, Provence et tant d’autres.

// Pour info. Thierry Souccar (auteur et éditeur), précise que les séniors cuisinent avec des produits « bruts » 50 % de leurs temps, alors que les jeunes générations plafonnent à 20 %. Sachant qu’il s’agit d’une moyenne, je n’ai pas eu de mal à trouver des excès chez des amis à moi qui fonctionnent à 0 % de produits bruts. Ils consomment 100 % de produits transformés par l’industrie agroalimentaire.

Aussi, en ce joli mois de mai, je vous offre le dessin d’une réflexion très poussée sur la composition des plats dits « de pauvres ». Nos plats populaires, ceux de nos grands-parents du monde entier, qui n’ont rien à envier aux petits plats cuisinés sous vide, quand bien même signés par un grand chef.

 

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