J’ai entendu … je l’ai pas cru

Sur BFM, Nicolas Doze anime « Les grands débats ».
Le 10 avril 2009, je suis tombé sur un dossier : « Peut-on échapper à la malbouffe ».
J’ai essayé de retranscrire certaines parties de l’émission en évitant de les sortir du contexte.
Je vous propose des extraits. Ceux qui m’ont choqué, ceux qui m’ont interpellé en tant que consommateur.

Les invités ce jour là.

Olivia Recasens,
   Journaliste au Point, co-auteur de « Vive la malbouffe! » (Hoëbeke)
Béatrice de Reynal,
   Directrice de la société Nutrimarketing, auteur du livre « De l’étiquette à l’assiette ;
   vérités et mensonges sur les produits alimentaires » (Vuibert)
Michel Leblanc,
   Président de Ceforex, auteur de « Malbouffe parano » (Le Cherche Midi)

Au début de l’émission, des auditeurs ont envoyés des messages à Nicolas Doze. L’animateur les lit à l’antenne :

Francis : Chef d’entreprise dans l’alimentaire depuis 7 ans. Il se dit  » dépité de plus en plus de ce qu’il voit tous les jours. La qualité arrivera de plus en plus après la marge. Pas d’espoir global de mieux manger dans les 10 ans qui viennent. Quand vous voyez ce que l’on enseigne dans les CAP de cuisine, quand vous voyez ce que servent 90 % des sois-disant restaurateurs, vous imaginez bien que ce n’est pas demain que la tendance va s’inverser. Les courbes de consommation des produits dans l’agro alimentaire depuis 20 ans ne cesse de croître, ça ne s’arrêtera pas et encore moins avec un pouvoir d’achat durablement en berne. On échappera a la malbouffe quand on aura un aménagement du territoire qui repeuplera les campagnes … c’est a dire jamais.
Hervé (Rennes) : 70 % des consommateurs ne savent pas ce qu’est un lipide. Ils ne savent pas lire les étiquettes.
Philippe (Pontoise) : La malbouffe est le résultat de notre paresse. Moi je cuisine, je ne vais pas dans les grandes surfaces et cela ne me coûte pas plus cher. Étudiant en dessous du seuil de pauvreté à Lyon, avec un petit job. Consomme quasiment que du bio et s’en sort bien.

Lors de l’émission :

Michel Leblanc : Il présente son livre et prône le principe de la malbouffe parano. Il dit je cite :

« Aujourd’hui, on risque plus de se faire mal, en glissant et se cassant une jambe qu’en mangeant »
Première fois où cet auteur me choque. C’est incomparable !. Sanitairement, à court terme peut être, mais pas à long terme.
L’alimentation tue chaque année des milliers de gens mais de façon sournoise. On ne meurt pas d’intoxication ou empoisonnement comme jadis. Mais notre alimentation nous tue lentement, différemment.

« 7000 calories Mac Do c’est comme 7000 calories chez sa belle mère »
Comparaison que je trouve ridicule ! La calorie n’est pas un critère qualitatif. Je préfère manger 7000 calories de légumes, viandes bio, fruits, et aliment non raffinés que 7000 calories de graisses, sucres raffinées et viandes industrielles. La calorie est, à mon avis, une notion culpabilisante, dévastatrice et désuete. L’index glycémique me semble plus approprié à une culture du respect de l’aliment. Si vous changez de comportements alimentaires, vous incluez forcément la satiété qui limite « naturellement » les calories.

À propos de Perico Legasse « Mais que fait la police quand je l’entend dénoncer les agissements des firmes ?« 
Oui, que fais la police ? mais au fait qu’elle police ? Connaissons nous une police adaptée ? Pour anecdotes, dans les années 30, une loi avait été prévues aux Etats-Unis pour « marquer » les aliments transformés en « aliments contrefaits ». Oui, chaque aliment contrefait devait être emballé dans du violet. Cette couleur signalait que ce produit n’était pas un aliment brut. Les gens se méfaient de ceux-ci, alors que le premier de la liste était la margarine. Cette loi a vite été révisé sous la pression des industriels. Michael Pollan dans son livre « nutrition, santé et propagande – Ed. Souccar » dit on aurait pu éviter bien des maladies si cette loi était restée.

« L’augmentation de vie montre que la nourriture ne tue pas. »
Voilà le genre de phrases qui dévient le vrai problème. La vie augmente dans notre société mais avec une proportion de gens en mauvaise santé à la hausse. D’aucun disent alors que c’est normal. Notre espérance de vie s’allongeant, les statistiques des maladies augmentent aussi de part le nombre croissant de « vieux ». Mais sommes nous vieux pour faire des AVC à 25 ans, des cancers à 8 ans et des maladies cardiovasculaires à 40 ans ! Les centenaires d’Okinawa sont en moyenne 98% de leur vie en bonne santé. Nous sommes descendu de 78 % à 62 % ces 20 dernières années !!

« C’est très parisien d’imaginer à se faire peur « 
Cet auteur mentionne cette phrase à propos de la dénonciation permanente que l’on fait de la malbouffe et des angoisses qu’on les gens à ce propos.
Mais jusqu’à preuve du contraire, je suis du Sud de la France et tous les gens qui pensent comme moi le sont aussi. Il faut arrêter de penser que Paris existe comme une Île, avec rien autour. La malbouffe n’est pas une « mode parisienne »

« Les mères de familles utilisent mal la nourriture industrielle,
il faut regarder ce qu’elles en font avant d’accuser les firmes. »

C’est honteux d’entendre cela. On ne sait plus si cet auteur à beaucoup d’humour ou si il ne se rend plus compte de ce qu’il vient de dire.
Comment peut-on faire bien avec la nourriture industrielle ? Les mères de familles dont il parle n’ont accès qu’à ce genre de nourriture car elles manquent de formation, d’éducation, d’information. Comment pourraient-elles faire mieux ? A mes yeux, cette phrase est d’une rare violence.

« Les firmes n’ont pas de revolver, personne ne vous oblige »
Dans une certaine mesure, oui. Mais lorsque on vous propose des prix toujours plus bas, dans des allées bien achalandées et colorées, appuyées par des campagnes publicitaires efficaces qui vous vante le produit de façon idyllique, c’est à mes yeux encore une sorte d’agression.

« Il y a aucun danger globalement »
Oui, globalement ! Le mot est important

Laisser un commentaire