Le constat est amer : notre démocratie semble bloquée dans un duel permanent. Droite contre gauche, majorité contre opposition… Pendant que les étiquettes se chamaillent, les dossiers de fond stagnent. Prenons l’exemple le plus vital : notre assiette. La malbouffe progresse, l’agriculture conventionnelle s’essouffle et le bio reste un luxe ou un combat militant.
Et si, pour résoudre ces crises, on arrêtait la politique de posture pour passer à la politique de métier ?
Le Directoire ! La fin des politiciens professionnels et du culte de l’ego
Pour briser le cycle des promesses non tenues, nous devons abattre le pilier central de notre blocage : le culte du « chef suprême ». Dans ce nouveau modèle, la figure du Président providentiel disparaît au profit d’un Conseil exécutif collégial, directement inspiré du système fédéral suisse.
Ici, le pouvoir n’appartient plus à un homme ou une femme de parti, mais à un groupe de sept « hommes et femmes de métiers » issus de la société civile.
- La fin de la roche tarpéienne : La présidence devient une fonction purement protocolaire et tournante. Chaque année, un membre différent du Directoire assure la représentation du pays. Cela empêche toute dérive narcissique : on ne vote plus pour une image ou un charisme, mais pour une expertise collective.
- Le gouvernement de consensus : Contrairement à la France actuelle où le vainqueur écrase le vaincu, ce Directoire fonctionne par obligation de compromis. Pas de cohabitation possible, car l’objectif est technique, pas idéologique. On ne cherche pas à savoir si une mesure est « de droite » ou « de gauche », mais si elle est efficace pour le secteur concerné.
- Le passage de témoin : Ce ne sont plus des politiciens de carrière qui s’accrochent à leur siège. Ce sont des experts (agronomes, médecins, logisticiens) qui mettent leur savoir au service du pays pour un temps donné, sous l’œil constant de commissions citoyennes. Ils ne sont pas là pour « régner », mais pour exécuter une mission de gestion.
En évacuant l’ego et la peur de l’opposition, ce Directoire peut enfin s’attaquer aux dossiers brûlants — comme la transition bio — avec la froideur nécessaire d’un gestionnaire et la passion d’un artisan.
Étude de cas. La guerre contre la malbouffe
Dans notre système actuel, l’industrie agroalimentaire joue sur les lobbying auprès des députés. Avec un Directoire de métiers, la donne change :
- Reddition de comptes à court terme : Tous les six mois, le pôle présente ses résultats devant une commission citoyenne. « Avez-vous réduit de 10 % le taux de pesticides ? Avez-vous augmenté la part de bio dans les cantines ? » Si les KPI (indicateurs de performance) sont au rouge, le budget est gelé ou le responsable est remplacé.
- La fin des subventions absurdes : Un expert du sol sait que l’agriculture conventionnelle à outrance tue la terre. Libéré de la pression des prochaines élections, le Directoire peut réallouer les aides vers la transition bio de manière pragmatique et planifiée, sans craindre de perdre des voix dans une région spécifique.
- Santé et Agriculture : Un seul combat. Aujourd’hui, un ministère soigne (la Santé) tandis que l’autre pollue parfois (l’Agriculture). Un directoire de métiers fusionne ces visions : manger sain coûte moins cher à la Sécurité Sociale. C’est une logique de gestionnaire, pas de politicien.
Pourquoi ça marcherait ?
L’opposition stérile est remplacée par un audit permanent. Au lieu d’avoir une opposition qui dit « non » par principe, nous aurions des commissions de contrôle qui demandent des comptes sur la base de données réelles.
- Le Peuple décide du « Quoi » : (ex: « Nous voulons une alimentation 100% saine »).
- Les Experts exécutent le « Comment » : (méthodes techniques, logistique, agronomie).
- La Commission vérifie le « Résultat » : (audit à 6 mois).
Conclusion
Passer d’une démocratie de spectacle à une démocratie de résultats, c’est accepter que la gestion d’un pays est un métier de précision. Pour sauver notre agriculture et notre santé, nous n’avons plus besoin de discours de campagne, mais d’une feuille de route et de comptes rendus réguliers. Il est temps de passer du règne de l’opinion au temps de l’action.
Devons-nous continuer à voter pour une image ou pour un résultat ?
Le système actuel nous force à choisir un camp, une couleur, ou un charisme. On vote pour un homme ou une femme en espérant qu’il ou elle tiendra ses promesses dans un océan de compromis politiques.Au final, la malbouffe gagne du terrain, nos sols s’épuisent et la colère monte. Pourtant, plus que jamais, nous devons sauver notre agriculture et notre santé, nous n’avons plus besoin de discours de campagne, mais d’une feuille de route et de comptes rendus réguliers.
Le Directoire de métiers propose un contrat radicalement différent. Ici, on ne vous demande pas de croire en un sauveur, mais de valider une feuille de route !
Dites-moi dans vos commentaires si vous seriez prêts à essayer ?