4 mars 2024

Qui tue le bio ?

Après un démarrage difficile, ces dernières années, le marché du bio a connu une croissance exponentielle, passant de 2,4 milliards d’euros en 2010 à 16,2 milliards d’euros en 2022. Cependant, cette croissance semble marquer le pas, avec une baisse des ventes en valeur de 3,1 % en 2021. Décryptons l’origine du/des problème(s).

LES FACTEURS DU RALENTISSEMENT

• Un manque de pédagogie
L’un des principaux freins à la consommation de bio est le manque de pédagogie. Les consommateurs ne savent pas toujours ce que signifie le label bio, ni quels sont ses avantages. Ils peuvent également être réticents à payer plus cher pour des produits qu’ils ne comprennent pas forcément. L’idée que le bio soit perçu comme un phénomène de mode a fait beaucoup de mal à la stratégie même de ce concept. Ce raccourci, né dans l’esprit de détracteurs du bio, a aidé les indécis à basculer du côté de la force conventionnelle.
• Un éventail limité de produits
Le marché du bio est encore largement dominé par les produits frais, notamment les fruits et légumes. Les produits transformés, tels que les produits laitiers, la viande ou les produits d’épicerie, sont moins courants et souvent plus chers. Et puis, qu’on se le dise, le bio est quelquefois pénalisé par la logistique des grandes surfaces qui retirent ce qui n’a pas la côte, et crée par effet de domino… un cercle vicieux
• Une concurrence accrue
Les offres alternatives au bio se multiplient, telles que les produits « zéro pesticide » ou « 0 résidu ». Ces produits, qui sont souvent moins chers que le bio, peuvent séduire les consommateurs qui sont soucieux de leur santé, mais qui ne sont pas prêts à payer le surcoût du bio. Cela rejoint le problème de la pédagogie ! L’intérêt du bio, soumis à un cahier des charges apporte des avantages consommateurs, certes, mais environnementaux et garants de biodiversité !
• Une inflation record
L’inflation, qui a atteint 5,8 % en France en novembre 2022, pèse également sur le marché du bio. Les consommateurs, qui ont moins d’argent à dépenser, sont contraints de réduire leurs dépenses, y compris sur les produits bio.

DÉCLASSÉ PAR LA SITUATION

La situation est particulièrement préoccupante pour les produits bio. Selon une enquête réalisée par l’association Bio Confiance, 40 % des laits bios sont déclassés et vendus au prix du lait conventionnel. Ce phénomène, qui se répète dans chaque domaine, est dû à des critères de marchés, qui entraînent le déclassement de laits qui sont pourtant parfaitement sains et comestibles.

DES PISTES POUR RELANCER LE BIO ?

Pour relancer le marché du bio, il est nécessaire de sensibiliser les consommateurs aux avantages de ce mode de production et de proposer un éventail plus large de produits bio à des prix plus abordables. Il est également important de revoir les critères de qualité pour les produits laitiers bio, afin de réduire le nombre de laits déclassés.

Voici quelques pistes concrètes :
• Mieux informer les consommateurs
Les pouvoirs publics, les associations de consommateurs et les professionnels du bio doivent mener des campagnes de sensibilisation pour expliquer aux consommateurs ce que signifie le label bio et quels sont ses avantages.
• Développer l’offre de produits bio
Il est important de diversifier l’offre de produits bio, notamment pour les produits transformés. Les pouvoirs publics peuvent soutenir les initiatives des acteurs du bio pour développer de nouveaux produits.
• Réduire les coûts de production
Les coûts de production du bio sont encore plus élevés que ceux du conventionnel. Il est nécessaire de trouver des solutions pour réduire ces coûts, par exemple en promouvant les circuits courts et la production locale.

Si ces pistes sont mises en œuvre, le marché du bio devrait retrouver une croissance durable.

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