Avons-nous sous-estimé l’immunité individuelle ?

Dans le « Journal Des Bonnes Nouvelles« , chaque mois, je répond à une question posée par les lecteurs, voici celle de Septembre 2021.
[Sommaire des articles parus].

Question :
Avec cette « invitation » à la vaccination, j’ai l’impression que l’on a sous-estimé l’immunité individuelle de chacun ?
Léa. 23 ans.

IMMUNITÉ COLLECTIVE VS IMMUNITÉ INDIVIDUELLE

Au regard de l’histoire de l’humanité, ce n’est pas une première. Pour un gouvernement, il a toujours été plus facile d’ordonner un acte collectif plutôt qu’instruire une démarche individuelle. Ce n’est pas une critique, mais un constat marqué par le manque de prises de conscience en matière de prévoyance santé. À la décharge de nos institutions, il ne faut pas non plus négliger l’extrême difficulté à sensibiliser le public sur ce sujet. Tout le monde en est conscient, certes, mais a contrario, personne n’encourage les individus prévoyants.

Observez le principe des mutuelles santé ou d’assurances. Elles surveillent, ordonnent, contrôlent nos mauvaises habitudes, mais ne récompensent pas ou peu nos « bonnes habitudes ». Ces organismes ne s’attardent qu’à nos états « à risque ». Ils ne savent pas récompenser nos « faibles risques » et nos « qualités de vie » ! Que vous mangiez bien, privilégiez le bio, le durable, le local ; que vous fassiez du sport, donniez votre sang… leur importent peu.

Toutefois, même si les transmissions d’informations se récoltaient sur la base du volontariat, nous ne pourrions nous empêcher de trouver la récolte gênante et intrusive. Pourtant, à ce jour, n’est-il pas plus gênant d’avoir un questionnaire se focalisant sur nos points faibles au détriment des forts ?

L’immunité individuelle devrait être encouragée et récompensée, car derrière cette individualité se cache une force collective sans commune mesure. Le système immunitaire est notre rempart face au monde extérieur. Comme le précise Thierry Souccar dans son dernier livre Arrêtons de saboter notre immunité « Le système immunitaire ne protège pas que des infections. Il répond immédiatement par l’inflammation à toute anomalie : un virus qui nous envahit, mais aussi une accumulation de graisse abdominale, une glycémie trop élevée, le stress, le manque de sommeil… Si l’anomalie n’est pas corrigée, l’inflammation peut conduire aux maladies chroniques comme le diabète, les cancers, Parkinson, Alzheimer… Elle fait aussi vieillir précocement le système immunitaire lui-même et expose à des complications en cas d’infection majeure, comme on le voit dramatiquement avec l’épidémie de Covid-19. »

En résumé, notre système immunitaire nous augmente la vie ou… nous la raccourcit !

ACTION : OBÉSITÉ

Toute forme de régime drastique déséquilibré est dangereuse pour notre santé et notre système immunitaire. Aujourd’hui des études confirment que les régimes hyper-et hypo- énergétiques (en particulier les régimes inférieurs à 1500 kcal / jour) ont des effets néfastes sur la réponse du système immunitaire. À l’opposé, depuis longtemps déjà, il y a une colossale littérature sur les effets de la malbouffe. Pourtant rien ne change. La pandémie a confirmé que les personnes obèses courent un risque plus élevé d’infections et de complications. Si d’aucuns feignaient encore ne pas comprendre les réactions inflammatoires en chaîne du surpoids et de l’obésité, la crise du Covid-19 a remis sur le tapis le débat sur la relation entre alimentation et immunité. L’événement marquant de cette crise reste la prise de conscience de Boris Johnson. À travers sa propre hospitalisation, le Premier ministre du Royaume-Uni, a pris conscience des risques et complications que courent les consommateurs en surpoids. Sur le sol britannique, des mesures inédites vont être prises contre la publicité de la junk-food ! Qu’attendions-nous ?

Cette crise est pleine de surprises : les autorités semblent découvrir que les complications sont indexées sur un système immunitaire dysfonctionnel. La pandémie de COVID-19 met en difficulté notre système de santé sur deux points principaux.

Premièrement, le manque de personnels et de matériels, pourtant réclamés à corps et à cris pendant 20 ans de grèves ignorées ou calmées avec de simples mesurettes, par tous les gouvernements en place.

Deuxièmement, le manque d’informations nutritionnelles « indépendantes » et d’éducation en milieux scolaires dès le plus jeune âge. Aujourd’hui les conseils se résument à des apports en calcium ou en céréales via des industriels s’affichant comme des institutions officielles. Il faudrait une réelle désobéissance alimentaire et plus de courage de la part des autorités !

ACTION : VITAMINE D

Depuis plus de dix ans, mon entourage et moi-même prenons de la vitamine D chaque hiver — plus longtemps en période de COVID. Mon assurance-maladie (drôle de nom d’ailleurs, une assurance-santé aurait été plus judicieux) ou ma mutuelle santé ne se sont jamais posé la question. Elles ne le savent pas et pourtant elles devraient ! Jamais encouragé à l’immunité individuelle certes, parfois même découragé à s’y atteler. Voici l’histoire rocambolesque que j’ai vécue avec cette vitamine… pourtant vitale.

En termes d’immunité individuelle, à la lecture d’études scientifiques, il me semblait évident que la vitamine D était indispensable. Il s’agit d’une vitamine liposoluble fabriquée par la peau lorsqu’elle est exposée aux rayonnements ultraviolets du soleil. Elle peut également être apportée par l’alimentation. Elle joue un rôle essentiel dans la qualité du tissu osseux et musculaire ainsi que dans le renforcement de notre système immunitaire.

Normal, dirais-je, mais personne n’en entend parler !

Pire, on nous sermonne toute la journée avec une éventuelle carence en calcium qu’il faudrait combler avec des produits laitiers (en omettant de nous parler des produits non laitiers comme l’eau, les algues, les légumes, les graines…), sans nous expliquer que la vitamine D est essentielle à la fixation de ce calcium.

La vitamine D est précisément impliquée dans la régulation hormonale, la différenciation et l’activité des cellules du système immunitaire et la différenciation de certaines cellules cutanées. En février 2008, cinq chercheurs épidémiologistes et spécialistes de la vitamine D avaient déjà rassemblé des preuves convaincantes de l’implication de la vitamine D dans le caractère saisonnier de la grippe. Les personnes qui affichaient un taux optimal de vitamine D semblaient pouvoir éviter la grippe. Il était même souligné la possibilité que cette protection soit supérieure à celle des vaccins. En effet, le docteur Mitsuyoshi Urashima confirmait cela avec une nouvelle étude japonaise sur 334 enfants suivis de décembre 2008 à mars 2009. Cette étude est contrariée par d’autres parutions, dont une Norvégienne, moins concluantes avec toutefois un point révélateur : les apports conseillés ne protègent pas suffisamment ! Ils sont trop faibles, sous dosés. Et c’est là que commence le problème rencontré avec la vitamine D en France.

En priorité, les personnes obèses, de couleur, âgées, celles qui souffrent de malabsorption des graisses, de diabète, de cancer ou sont porteuses du HIV ont souvent des besoins en vitamine D supérieurs. S’il n’existe pas d’hypercalcémie, le médecin peut commencer par proposer, pour restaurer des niveaux optimaux de vitamine D, un supplément quotidien de 50 000 UI par jour pendant une ou deux semaines.

Quatre actes fondamentaux :

a) Les apports conseillés ridicules et fantasques

Toutes les études (SU.VI.MAX, ENNS, VARIETE) s’accordent à conclure que 80 % de la population française manque de vitamine D. Pourtant en guise de réponse, depuis 1996, la dose de sécurité française a été fixée — et maintenue — à 1 000 UI. C’est ridicule !! Un bébé peut se voir administrer une dose de 100 000 UI sans sourciller lorsqu’un adulte est considéré en danger avec une ridicule Unité Internationale (UI) de 1 000  ?

En 2001, sans la moindre justification scientifique, l’ex-Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA, aujourd’hui ANSES) ramène l’apport nutritionnel conseillé (ANC) en vitamine D pour un adulte à 200 UI par jour.

En 2004, Thierry Souccar et Isabelle Robard dévoilaient dans « Santé, Mensonges et Propagande » une extraordinaire erreur de frappe à l’origine de ce taux. Il fallait lire 10 000 UI, mais le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (CSHPF) n’a jamais voulu revoir ses calculs. Il s’est contenté de 1 000 UI et pour cause, a contribué à un apport d’une inefficacité redoutable. En 2012, en une nuit, l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), équivalent de l’ANSES en France réévaluait ce taux en le passant à 4 000 UI et une stipulation de non-dangerosité jusqu’à 10 000 UI par jour. La mauvaise formulation précédente serait-elle un aveu transformé en un éclair ? Face à ces pirouettes, comment donner du sens et du crédit à tant d’années d’insuffisance ?

b) La peur du surdosage

Lorsque je recommandais à mes proches, une supplémentation en vitamine D auprès de leur médecin, d’aucuns étaient reçus comme des affabulateurs, peu soucieux de leur santé au risque du surdosage encouru. Il était impossible de faire recouvrer la raison à certaines consultations. Il était évidemment possible d’acheter de la vitamine D, d’abord en ligne, puis en pharmacie et finalement en magasin bio, mais à nos risques et périls. Nous nous mettions — paraît-il — en danger… alors même que des études étrangères soutenaient le contraire !

En 2011, deux des plus grands noms de la recherche sur la vitamine D ont mis à mal les trop faibles recommandations officielles en vitamine D (200 UI/jour en France) dans le journal Anticancer Research. C’est sans appel !

« Nous avons constaté qu’un adulte doit disposer chaque jour de 4 000 à 8 000 UI de vitamine D […] permettant de réduire de moitié environ le risque de plusieurs maladies — cancer du sein, cancer du côlon, sclérose en plaques, diabète de type 1 »

c) Le déremboursement du contrôle de votre taux

Le clou du spectacle fut le déremboursement de celle-ci. Alors que la vitamine D, devenait très timidement, une priorité chez certains praticiens, alors que le contrôle de nos taux était en fin demandée via une prise de sang, la vitamine D fût soudainement, fin 2019, non remboursée sauf en cas de suspicion de rachitisme, de suspicion d’ostéomalacie, de patient transplanté rénal depuis plus de 3 mois, de chirurgie bariatrique (avant et après intervention) ou d’évaluation et prise en charge des personnes âgées sujettes aux chutes répétées.

La crédibilité de cette vitamine était reléguée au rang d’exception, de nouveau, il fallait RE-convaincre de la nécessité d’une « banale » analyse de contrôle. Certaines années, j’ai dû me payer les suppléments au laboratoire, mais je n’ai pas cédé. Je connaissais trop l’importance de celle-ci.

d) Le retour miraculeux du remboursement de la vitamine D survenue après le début de la pandémie.

En 2020, coup de théâtre. Différentes études ont révélé, dans des formes graves de patients atteints de COVID, un déficit en vitamine D. Des études sur le terrain ou « quasi expérimentales » cherchaient à déterminer le rôle des carences ou supplémentations de la vitamine D contre les formes graves de la maladie. Miraculeusement, cette vitamine fut de nouveau remboursée. Même si c’est une bonne nouvelle, c’est du grand n’importe quoi qui expose les effets de décisions prises sans réflexion sur le long terme. Entre logique scientifique et économique, cette vitamine a du souci à se faire et nous avec !

L’ALIMENTATION

Le vieillissement entraînant une diminution de l’efficacité du système immunitaire, les infections, maladies inflammatoires ou cancers sont plus problématiques. En France, à partir de 65 ans, les infections respiratoires restent les principales causes de décès. Il faut donc, s’attacher à conserver un maximum de fonction de ce système en consommant des nutriments de qualité qui jouent un rôle important dans le maintien d’une réponse immunitaire optimale. Le régime alimentaire occidental, préférant le futile à l’utile, et générateur de diabétiques, obèses, malades rénaux, pulmonaires ou cardio-vasculaires, a contribué à exposer les consommateurs à des formes graves de COVID-19.

Il n’y a pas de secrets, relisez les articles précédents et optez pour une désobéissance apportant un bénéfique changement de comportement alimentaire. La liste des aliments à consommer est une chose, mais il faut surtout retenir que le plus important est ce que l’on ne consommera pas.

Pour l’EFSA, six vitamines (A, C, D, B6, B9 et B12) et quatre minéraux (zinc, fer, cuivre, sélénium) sont essentiels à une bonne santé immunitaire. Tout se trouve dans la nature, à moindres frais !

RÉAGISSONS

Il me semble que confier son immunité au collectif (appelé aussi immunité grégaire ou de groupe) est ambitieux. À force de compter sur le collectif, on finit par vivre aux dépens des autres et s’oublier. Aucun vaccin ne nettoie les tissus endommagés et n’empêche la croissance de cellules malignes dans le corps. Aucun vaccin n’apporte les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de nos systèmes corporels.

En analysant le rapport bénéfice-risque d’une morbidité, se faire vacciner contre une maladie s’avérant mortelle et redoutable serait une évidence, mais tout faire reposer sur celle-ci est une erreur que l’on payera cher.

Sources et pour aller plus loin :

Cliquer pour accéder à 2020_05_28_Immunite_Collective_Expert.pdf


https://www.lanutrition.fr/covid-19-les-vitamines-et-mineraux-indispensables-selon-les-autorites-sanitaires
https://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-maladies/la-grippe/combien-de-vitamine-d-en-hiver-
https://theconversation.com/bien-manger-peut-contribuer-a-eloigner-la-covid-19-et-dautres-maladies-146507
https://www.lanutrition.fr/les-news/la-vitamine-d-efficace-pour-prevenir-la-grippe
https://www.lanutrition.fr/les-news/leurope-revise-la-dose-maximale-de-securite-pour-la-vitamine-d

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