Quels sont les produits à proscrire et ceux à privilégier dans nos cuisines ?

Dans le « Journal Des Bonnes Nouvelles« , chaque mois, je répond à une question posée par les lecteurs, voici celle de Janvier 2021.
[Sommaire des articles parus].

Question :
En ces temps de couvre-feu, on a davantage le temps de cuisiner.
Quels sont les produits à proscrire et ceux à privilégier dans nos cuisines ? Merci.
Sandrine, 47 ans, maman de trois enfants qui adorent le sucre, trop !

Le couvre-feu est une discipline héritée du Moyen Âge, elle avait une connotation plus urbaine que sanitaire. D’une part, éteindre les bougies évitait les incendies de maisons en bois et d’autre part, être présent à la maison évitait les violences de rue et vols de demeures. Ces mesures exceptionnelles, forcées, du XIIIe siècle ont en commun avec notre époque les mouvements d’introspection. Nombre de foyers redécouvrent leur intérieur. Pour de nombreuses familles avec enfants, la vie sociale « en pause » permet une vie familiale plus riche. Cet engouement pour la cuisine n’est pas une nécessité, mais un besoin. Un goût d’exploration, de partage, d’évasion.

À mon sens, c’est en cela que LA CUISINE doit être créative. Nos systèmes alimentaires reposent sur la convergence d’intérêts agroalimentaires des soixante-dix dernières années. Blés (céréales en général), laits (laitages hors fromages) et sucres (le sucre ajouté tel le saccharose) sont les trois piliers d’un ensemble lobbyistique très efficace. Il n’y a rien de plus rentable que ces trois ingrédients. Faciles à produire, raffinés et transformés à outrance, ils permettent un jackpot financier tout en nourrissant une population à moindres frais. Oui, mais ils dérèglent nos habitudes alimentaires ancestrales. Ils perturbent nos métabolismes, nous menacent d’obésité, de surpoids, de problèmes au pancréas ou au foie.

Alors Sandrine, comment cuisiner me direz-vous ?

C’est exactement ce que je me suis efforcé de faire pendant toutes ces années auprès de mes apprenants : CHANGER DE PARADIGME !

La nature nous propose des aliments que nos industriels ont oubliés, refoulés ou volontairement écartés, car non brevetables ou protégeables sous le sceau d’une marque. On va donc re-goûter au plaisir de nous réinventer. La liste serait longue et même si je m’y attarde dans « STOP aux mensonges dans l’assiette » sur des dizaines de pages, rien n’empêche de lister quelques astuces à s’en lécher les babines.

– Remplacer la très glycémiante pomme de terre par de la patate douce, y compris pour une raclette ou tartiflette de saison.
– Remplacer le lait de vache par du lait de coco (lisez bien les ingrédients).
– Remplacer le sucre par des aliments riches en goût et/ou mûrs à point et par des ajouts d’épices douces.
– Sauter au wok ou à la poêle, des choux brocolis, des choux kale, romanesco.
– Réduire en confit du chou rouge et des oignons (finalement les enfants adorent).
– Réinventer les poireaux à la vapeur, les champignons pleurotes, de Paris ou Shitaki.
– Finir ses préparations avec du lait de coco (sans sucre) et du curry ou du paprika pour des assaisonnements exotiques…

Côté « croustille », pensez aux galettes de sarrasin ou de farine de teff (ce ne sont pas des céréales) bien grillées, ou à des tranches de panisses de farine de pois chiches dorées à la poêle (on en trouve en magasin bio sous la forme de ballotin moulé)

Allez, mettez au défi votre famille de ne cuisiner que des légumes, poissons, viandes, oléagineux, jus végétaux, champignons et épices douces. Cela paraît complexe et pourtant on y prend vite goût ! Demandez à vos enfants d’inventer un repas sans blé, sans lait, sans sucre !! C’est un exercice de style qui servira toute leur vie de consommateur 🙂 Ils se rendront compte que notre alimentation moderne est très glycémiante (provocant des pics d’insuline) et que la Nature fait bien d’autres choses à nous proposer que les recettes traditionnelles influencées par nos sociétés de consommation.

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