4 mars 2024

Boulangeries et patisseries plus explicites

Choisir un pain, un croissant, un gâteaux doit pouvoir se faire selon différents critères, mais encore faut il pouvoir accéder aux informations nécessaires …

Observez bien la première photo, puis la deuxième.
Au jeu des différences, vous allez en trouver une.

la photo #1

photo1 

la photo #2

photo2

 

Vous avez trouvé ? Sur la deuxième photo j’ai ajouté la liste des ingrédients de la tarte au chocolat.

Pourquoi ? explications
:

1• Le métier se perd.

Avons nous tendance à confondre un artisan et un commerçant ? Oui, car rien ne nous aide à faire la différence et l’on voit surgir de superbes enseignes qui vantent les mérites de biscuits à l’ancienne avec des ingrédients et des méthodes industrielles. Un artisan produit sa marchandise, un commerçant la vend (ou la revend). Je fais la chasse à certaines pratiques, car elles sont mensongères. Maintenant, le marketing a pris le dessus sur l’authenticité et il n’est pas rare de découvrir des navettes provençales qui n’ont rien a voir avec un quelconque travail artisanal et, de plus, affublées d’une liste d’ingrédients loin des livres de recettes de nos grands-parents.

La législation est censée protéger ce genre d’ambiguïté, mais cela vite été contourné. Voici deux failles :

1) Un boulanger doit élaborer son pain, le façonner et le cuire sur place pour obtenir le droit d’afficher « Boulanger ».

a. Certains boulangers ne produisent pas l’intégralité de leur offre et réservent leurs pains spéciaux sous la forme de pains surgelés déjà prêts.
b. Certains boulangers utilisent une farine déjà préparée par le minotier. Cette farine contient 100% des ingrédients (améliorants, acide ascorbique, etc. parmi une liste de 125 substances autorisées) et n’a plus qu’a rajouter de l’eau et pétrir. Je ne partage personnellement pas cette vision de l’artisanat !
c. Certes ils sont Boulangers mais pas Pâtissiers et là, aucune législation ne les empêche de l’afficher. Ils proposent alors des gâteaux … qui ne sont pas les leurs, sans le dire, ou pire en affirmant les faire eux-mêmes !

2) Un aliment emballé doit afficher sa liste des ingrédients.
a. En effet, il suffit d’observer un pain sous cellophane ou un gâteau sous cloche plastique pour constater une liste d’ingrédients, mais qu’à cela ne tienne. Qui n’a jamais reconnu une tarte surgelée achetée chez un spécialiste grand public et revendue en parts chez un professionnel, ou bien encore, des tartes au citron (qui ont la particularité d’être toutes identiques) achetées chez un fournisseur et revendues chez un boulanger-pâtissier du coin ?
b. Pire encore, des enseignes font commerce de ce genre de pratiques. Je citerai de nouveau « cette enseigne » qui s’est spécialisée dans les petits biscuits d’autrefois avec comme seul décor l’ambiance bien arrangée d’un savoir-faire artisanal. Sous les étals, dans des placards de sols, il y a les cartons, remplis de biscuits avec, « loi oblige« , la liste des ingrédients ! À la lecture de celle-ci, il s’avère que les biscuits nous paraissent moins typiques et prennent une forte empreinte « industrielle », mais nous n’y avons jamais accès, car les gâteaux sont soigneusement déballés et rangés dans de très jolis paniers en osiers.

2• Le droit de savoir

1) Les « intolérants » ont aussi le droit d’exister en société.
On ne peut pas imaginer le nombre de personnes souffrantes d’intolérance au gluten, au lactose, au sucre, au monoglutamate, au sel, aux arachides, etc.
Cette part de la population, qui ne cesse d’augmenter, vit un cauchemar lorsqu’elle doit faire un acte d’achat. Vous imaginez un client assommer de questions un vendeur (si ce n’est un artisan), afin de tenter une déclaration exhaustive de la liste des ingrédients ? Non, ce n’est pas possible, d’autant plus que très souvent, il s’agit de vendeurs non qualifiés, qui ne connaissent rien des modes de fonctionnement de l’entreprise et encore moins des matières premières.

2) Le simple droit de connaitre le prix de la différence.
Pour reprendre les propos de Christophe Vasseur, lorsqu’il produit un croissant, de ses mains avec des matières premières de premier choix et des temps de fermentation traditionnels, son prix de vente est dérisoire à côté d’un croissant industriel revendu par un commerçant lambda et cela, un client DOIT le savoir.
Il est pénible de ne pas savoir si un croissant est fait avec du sucre non raffiné ou pas, avec du beurre ou de la graisse végétale, avec de la farine 45 ou 65. Je dirais même plus, c’est inadmissible !

3• Conclusion

Voilà, vous l’avez compris. Lorsque nous entrons dans une Boulangerie-Pâtisserie (pour ne citer qu’eux), il devient urgent d’imposer l’affichage des ingrédients complets de tout produit vendu. Cela permettrait de contenter autant les personnes souffrantes d’intolérances que les personnes amoureuses de leur métier. Mais cela permettrait aussi de choisir en libre et juste arbitre …

Laisser un commentaire

%d