Faites des gosses, nous dit-on. Le système a faim. Il a besoin de sang neuf pour alimenter ses caisses de retraite, de nouveaux consommateurs pour ses marchés et de futurs contribuables pour éponger des dettes qu’ils n’ont pas contractées. On nous vend la vie comme un don, alors qu’on projette nos enfants dans une fosse aux lions dès le premier cri. La natalité n’est plus une promesse, c’est une stratégie comptable.
De la naissance à la fac : la sélection naturelle par le manque
Le décor est planté avant même la conception. On manque de tout : de sages-femmes, de berceaux, de profs, de lits d’hôpitaux. Pourquoi s’acharner à peupler un monde qui affiche complet ?
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L’enfance sous algorithme : On transforme nos gamins en numéros de dossier. S’ils n’ont pas le bon code postal ou le bon dossier scolaire, ils sont déjà sur la touche.
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L’école de la guerre : Le collège et le lycée ne sont plus des lieux d’apprentissage, mais des centres de tri. Il faut écraser le voisin pour obtenir l’option rare, l’IUT coté, la filière qui ne mène pas directement au chômage.
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Le logement comme privilège : À quel moment avons-nous accepté que de jeunes adultes doivent s’endetter sur trente ans ou vivre dans des placards pour simplement avoir le droit de résider là où ils travaillent ?
« Nous ne mettons plus au monde des individus, mais des gladiateurs en culottes courtes, condamnés à une compétition perpétuelle pour les miettes d’un confort en voie de disparition. »
L’argent pour moteur, le mépris pour horizon
Le cynisme atteint son paroxysme quand on observe les valeurs que ce système inculque. À force de se battre pour une place en crèche ou un job sous-payé, quel logiciel installe-t-on dans la tête de nos enfants ? L’altruisme est devenu un luxe de nanti. Pour survivre, il faut être égoïste, rapide, et surtout, avoir les moyens de ses ambitions.
L’argent n’est plus un moyen, c’est le seul bouclier contre l’exclusion. On leur apprend que l’autre est un obstacle. On leur injecte le poison de la rentabilité avant même qu’ils ne sachent lire.
Quand allons-nous cesser de considérer l’humain comme une simple monnaie d’échange pour sauver un modèle à bout de souffle ? Jusqu’où irons-nous dans l’indécence avant d’admettre que nous ne sommes plus capables d’offrir une vie décente à ceux que nous prétendons désirer ?