COP 26 : écologie et élection française ?

Ce blog est apolitisé et il le restera, toutefois, en période d’élection, sur fond de «bla bla» de cette COP 26, on ne pourra s’en empêcher. Il est urgent et nécessaire de faire un point sur un détail qui a, semble-t-il échappé à l’actualité.

Personnellement lorsque je m’interroge à voix haute sur le fait de voter pour Yannick Jadot ou un.e homologue écologiste, il y a toujours quelqu’un pour me rappeler quelques anecdotes caricaturales liées à l’écologie. L’écolo qui se déplace en voiture, l’écolo qui n’a pas jeté sa bouteille en plastique dans la bonne poubelle ou encore l’écolo qui prône des modes de vie contre-productifs avec ce monde qui va si bien ! Il est vrai que les «verts» sont critiqués et vus comme de doux rêveurs… mais avons-nous une fois eu un gouvernement vert au pouvoir ? De gauche à droite, nous sommes ballottés par des promesses fumistes qui ne sont jamais appliquées. Alors comment pourrions-nous être déçus par un mouvement écologiste si nous n’essayons pas ? L’écologie plafonne à 5 voire 7 %  quand l’extrême droite caracole en tête des sondages. Pendant que l’immigration semble être un problème pour la France, nous aggravons l’existant. L’immigration ne fera que s’accroître et pénétrer nos fragiles frontières, car nous sommes les principaux responsables de cette délocalisation. Nos modes de vie, poussés à la consommation extrême, nos multinationales enivrées de terres et de ressources rares sont sans retenues. En évitant l’écologie, nous décimons notre idéal sociétal, nous éteignons notre civilisation… et aucun immigré n’y changera rien !

Le quinquennat de Macron — et sa réélection plus que probable — pose une question de fond sur son bilan écologique. Les belles paroles sur le devenir de nos nations n’ont pas de valeurs face à ses actes. Selon GreenPeace, son bilan écologique est catastrophique. Faut-il rappeler des promesses pendant le confinement sur le glyphosate,  l’accord de Paris qui ne tient pas debout, les volumes annuels de CO2 qui augmentent «discrètement», ou encore l’accord CETA qui se fout royalement des effets nocifs sur le climat.

Depuis la COP 21… rien ne change.
Chaque électeur a t-il pris la mesure du vote face à cette urgence climatique sans précédent ?
Les effets sur climat, déclenché par nos modes alimentaires, sont tout simplement masqués. On préfère laisser le consommateur se battre contre des centrales, des pays émergeant, des modes de déplacements certes polluants, mais pas exclusifs !

Il y a une autre réalité. L’agriculture intense, que l’on aime appeler «traditionnelle». Les aides au biologique sont catastrophiques, les petites exploitations sont brimées, refoulées par un système de fédérations lobbyistiques en faveur des intrants chimiques. Pour achever l’incompréhension, l’Union européenne prévoit de supprimer les aides au maintien destinées aux paysans en bio. Jusqu’à présent, ces aides étaient versées pendant cinq ans à chaque agriculteur ayant réalisé sa conversion. Comment peut-on même avoir l’idée de supprimer ces aides vitales ?

Un futur président, à mon sens, devrait dénoncer cette agriculture SANS AUCUNE CONCESSION et… SANS FILTRE !!

Pourtant, il existe dans les plus hautes sphères de l’état des conseillers qui ne jurent que par l’agriculture conventionnelle. Mes différents interviews et conférences m’ont appris qu’ils sont convaincus que seule cette agriculture peut sauver l’humanité. Le bio serait à leurs yeux un phénomène de mode. Mais, ils n’ont rien compris — où trop d’intérêts pour comprendre ? Ce qui est à la mode c’est de surfacturer cette niche à quelques bobos en mal de barquettes plastiques estampillées de vert.

Notre agriculture actuelle «conventionnelle» c’est quoi ?
C’est tout simplement et tristement, le fruit amer des guerres passées ! Les industries ont recyclé les outils et armements.
– Les nitrates utilisés pour fabriquer des bombes ont été recyclés en produits phytosanitaires
– Les tanks ont été recyclés en tracteurs.
– Les barbelés devenus inutiles ont été recyclés en clôtures pour remplacer les haies naturelles.
– Les gaz «
moutarde» de combat (ypérites) ont été recyclés en DTT pour faire des insecticides — avec comme ironie, un prix Nobel de la paix pour Paul Müller qui découvre l’efficacité du DDT en agriculture.
– Les agents Orange (Napalm) de la guerre du Vietnam ont été recyclés en herbicide.

Avec ces logiques, Lydia et Claude Bourguignon nous informent :
«
On a des sols fertilisés non fertiles ! Quelle intelligence est-elle capable de continuer cela ?»

Sur ce même sujet, Maxime de Rostolan est catégorique :
«
La permaculture c’est s’inspirer du système naturel. Dans la nature on trouve des technologies absolument incroyables qui ne fonctionnent qu’avec l’énergie du soleil, qui ne produisent pas de déchets et qui sont extrêmement résiliantes. Nous, depuis 150 ans, après la découverte du pétrole, on fait exactement le contraire. En étant entièrement dédié à l’agroécologie, pour faire la révolution agricole, on a divisé par 25 notre efficacité énergétique pour produire de la nourriture. C’est un peu une insulte à l’intelligence humaine d’imaginer qu’une société qui se dit développée n’est jamais été aussi peu efficace. L’agriculture chimique nous emmène dans le mur. Elle détruit le climat, la santé, la biodiversité, l’emploi, les dynamiques de territoire. Elle n’est pas rentable, mais survit grâce aux subventions.»

Si mensonge il y a sur une promesse, Xavier Mathias en parle :
«
Avant un paysan ne possédait pas ses terres. L’accès au foncier est disponible à l’agriculteur depuis le remembrement. Il fallait acheter grand, massif pour produire. Lorsque l’on dit que la France a dû passer aux engrais et méthodes industrielles pour nourrir la France d’après guerre… on est face à un mensonge sur lequel repose notre agriculture actuelle. Le dernier ticket de rationnement a été émis en 1948. La France s’est relevée tant bien que mal. Sauf que le boom de la mécanisation et du remembrement s’installe dans les années soixante, soit douze ans après cette fin de rationnement, précisément à une période où l’on a plus faim en France au sens propre du terme, à une période où l’on mange à sa faim ! On a soutenu la mécanisation en vantant l’autonomie, mais c’est faux, le pétrole rend dépendant et fragilise notre autonomie alimentaire. Chaque crise pétrolière le prouve».

L’alimentation industrielle… c’est aussi le problème du climat !
Ce contresens ne pourra pas durer, alors à ce stade, si certains ne veulent pas changer, qu’ils laissent faire les autres…

La désobéissance alimentaire se bat depuis vingt ans contre un système qui se fout de tout, tant que le profit fonctionne. L’agroalimentaire est protégée par les mensonges, doutes et promesses qu’elle véhicule. Le combat est inégal. Pire, elles sont adoubées par nos ministères successifs qui ne les remettent pas assez en cause. Aujourd’hui il est aberrant de constater que défendre la biodiversité soit devenu illégal !

© Pour aller plus loin, voir ou revoir. «On a 20 ans pour changer le monde» de Hélène Medigue

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