Sésame… révèle-toi !

La désobéissance alimentaire doit être plus que jamais présente sur la scène politique !

CET ARTICLE VA ÊTRE RÉGULIÈREMENT MIS À JOUR EN FONCTION DE L’ACTUALITÉ
Nos combats pour une meilleure transparence des usages agroalimentaires prennent cette semaine un sens inhabituel. De nombreux consommateurs n’arrivent toujours pas à imaginer que l’on puisse tricher et « frelater » presque l’ensemble de notre alimentation.
Bien que nous ne soyons plus au XIXe siècle [voir un excellent documentaire ici jusqu’au 22 juillet 2021], l’alimentation et les profits continuent à engendrer des convoitises. Nos législations sont locales, disparates, contournables et trop peu contrôlées. Elles n’arrivent plus à s’adapter à la mondialisation, certes, mais elles sont de surcroît naïves face à des réseaux qui trichent sans vergogne et sans remords.
Premièrement, l’oxyde d’éthylène, qui sert à désinfecter les produits, est interdit en Europe depuis 2011, car classé comme cancérogène. Mais l’importation d’aliments en contenant n’est pas assez contrôlée.
Deuxièmement, l’autorégulation des industriels est une pratique qui ne doit plus exister sous aucune forme que cela soit. Pire encore, à force de donner la part belle à l’autorégulation, on a vu germer l’idée que toute législation était un frein au commerce. Les multinationales n’hésitent plus à saisir le tribunal à la moindre contrariété. Yuka en a fait les frais [Lire ici]
Troisièmement, dans le cas de l’oxyde d’éthylène, vous ne pouvez pas imaginer à quel niveau d’aberration nous sommes arrivés. En effet, de nombreuses filières et lobbies ont eux-mêmes tiré la sonnette d’alarme plusieurs fois. Tout semble aujourd’hui contaminé. Le sésame est la partie visible de l’iceberg, mais les épices, biscuits, fromages, boîtes de thon, glaces, sucres… sont tout autant impactés (Selon la DGCCRF, à ce jour, 7000 produits dont 60 glaces contenant du sésame contaminé rappelés : liste à jour ici).
Bruno Lemaire a été alerté très tôt par une majorité d’industriels vertueux… sans réponse à ce jour. Au-delà de la concurrence déloyale qu’entretient l’Europe, nous sommes face à une crise sanitaire grave, dangereuse, basée sur l’utilisation d’un produit dangereux sans valeurs limites.
Pour rappel, l’oxyde d’éthylène est synthétisé pour la première fois par Charles Adolphe Wurtz en 1859, durant la Première Guerre mondiale, il sert à fabriquer une arme chimique : le gaz moutarde ou Ypérite.
L’oxyde d’éthylène gazeux est utilisé comme bactéricide. C’est un agent alkylant ; il a des effets irritants, sensibilisants et narcotiques22. L’exposition chronique à l’oxyde d’éthylène est également mutagène. Le Centre international de recherche sur le cancer classe l’oxyde d’éthylène dans le groupe 1, ce qui signifie qu’il est un cancérigène prouvé.
Selon France Info, dans le cadre de ce vaste rappel, « certains lots de sésame présentent des teneurs en oxyde d’éthylène allant jusqu’à 186 mg/kg, une valeur 3 500 fois plus élevée que la limite maximale de résidus », s’inquiète 60 millions de consommateurs.
En février, le Sénat, dans son rapport d’information sur les retraits et les rappels de produits à base de graines de sésame importées d’Inde, faisait état de « prélèvements constatant des résidus à 50 mg/kg, soit près de 1 000 fois plus que la LMR autorisée et 5 000 fois plus que la LMR maximale pour les produits issus de l’agriculture biologique ».

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