Nos vies discount ?

Ceux qui me connaissent savent tout l’amour que je porte à la grande distribution et aux discounts. Le modèle économique de la grande surface des années 60 à nos jours n’a fait qu’éloigner le consommateur de son alimentation et de ses réalités. Vecteurs d’un phénomène de masse sous perfusions de l’agroalimentaire, les temples de la consommation ont fini par dénaturer l’aliment, désacraliser la fonction de producteur et abrutir le consommateur. Le discount a multiplié le phénomène en finissant de tirer les prix vers le bas… à n’importe quel prix – qu’il soit social, humain ou économique. Que restera-t-il d’un peuple qui se rue sur la marchandise la moins chère pensant y faire des économies et pensant que cela correspond à un mode alimentaire sans y voir le danger de la fonction sociale que le discount génère ? Les emplois précaires de nos enfants ne sont-ils pas le fruit d’une mise à mort orchestrée par un système qui casse les prix sur le dos des producteurs, au détriment de la qualité de vie ? Serons-nous tous responsables de la souffrance de nos enfants quand les multinationales du discount seront enrichies, intouchables, incontrôlables ? Nous avons tant d’exemples dans le monde et dans divers secteurs d’activités que l’on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas !!

399078Donc, sur Public Sénat, Frédéric Brunnquell nous a proposé, en 2014, un documentaire saisissant qui parle de ce sujet :

« Nos vies discount ! : inventé après la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, dans les ruines d’une économie dévastée, le discount semble, grâce à ses prix bas, être un remède à la crise. Le réalisateur se lance dans un voyage de 8 000 kilomètres, de la France à la Roumanie, au volant d’un modèle « low-cost », à la rencontre des différents acteurs de ce business comme Michael O’Leary, PDG de Ryanair, ou des salariés des supermarchés Aldi. Il cherche à démontrer que derrière ses promesses, le discount déconstruit le modèle social, appauvrit les salariés, se nourrit de la crise, mais génère des milliards de profits. »

Je vous assure que ce documentaire est saisissant, il faut absolument le voir. Il permet de comprendre plus que jamais que l’acte d’appauvrissement de tout un chacun est entre les mains de chacun d’entre nous. Si nous ne faisons rien (s’il n’est pas trop tard), c’est à dire refuser ce mode de consommation, nous allons aggraver notre situation tout en enrichissant les protagonistes. Cerfs et nobles se feront un plaisir de revenir au gout du jour. Alarmiste ? Pessimiste ? Réaliste ?

Côté alimentation, je commence à en connaitre un rayon… (sans jeu de mots) et je peux vous assurer que ceux qui y consomment les produits à bas prix ne sont pas forcément ceux qui en ont le plus besoin. Des gens aisés y vont afin de déplacer leurs budgets « nourritures » vers des choses plus futiles. Pour les personnes qui ont du mal à boucler les fins de mois, il est souvent moins onéreux et plus profitable de repenser son alimentation de A à Z pour ne pas céder aux tentations inutiles, bourrées de calories vides et finalement très chères à la vue des aliments proposées mais ça c’est une autre histoire…

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