L’alimentation, vecteur social

humanterreChronique écrite pour
• N°31 / Avril 2010

 

Les psychologues, aidés par la célèbre citation du gastronome Brillat-Savarin, s’intéressent au
« Dis-moi ce que tu manges, je te dirais ce que tu es ? ».
Les historiens sont plus sensibles au
« Dis-moi ce que tu as mangé et je te dirais quand tu as vécu ? ».
Les géographes se concentreront sur
« Dis-moi ce que tu manges et je te dirais d’où tu viens ? ».
L’alimentation est en effet un excellent vecteur social, ethnique, démographique et de santé publique et l’on oublie trop souvent que notre alimentation est notre première médecine. Dans un système où l’on nomme notre couverture sociale, « l’assurance maladie “et non ‘l’assurance santé’, il est plus que jamais nécessaire de prendre du recul et de réintégrer les bons réflexes alimentaires. Pourquoi le faire ? Comment le faire ?

Pourquoi le faire ? :
Nous avons un recul historique qui nous démontre que seules les famines ont eu raison de notre alimentation par le passé. Aujourd’hui nous mourons de trop manger dans une logique du ‘toujours plus’. Il est illusoire de penser que notre agriculture traditionnelle ne pourrait pas nous nourrir. Les multinationales ne peuvent rien changer, leurs croyances sont calquées sur leurs objectifs de ventes et le milliard d’êtres humains qui souffrent de famines chroniques dans le monde appuie cette théorie. Nous devons nous efforcer de comprendre que l’alimentation est une éducation préventive et non curative et imposer cette culture dans des cours imposés à l’école, à côté des cours d’éducation civique. Le meilleur moyen de lutter contre la malbouffe reste l’information. Apprendre à cuisiner, à choisir de façon objective ses aliments devient une force, tellement impressionnante, qu’aucun ‘lobby’ n’en veut. Imaginez un enfant qui grandirait en s’épargnant des graisses saturées, des sucres faciles et des calories vides. Un enfant qui aurait pris goût à ne choisir que des produits bruts frais ou surgelés afin de cuisiner, rapidement une recette réalisée par un assemblage fin et équilibré. Un enfant qui n’aurait jamais goûté à un plat cuisiné industriel, un gâteau transformé par des additifs, un morceau de viande issu d’une industrie opaque et secrète, loin derrière des murs beaucoup trop épais.

Comment le faire ?
Changer de comportement alimentaire. Il ne s’agit pas de faire un régime. Il ne s’agit pas de se pencher sur les nutriments qui nous poussent vers la logique du nutritionnisme. Cette logique du bien pensant dictée par des ‘spécialistes’ médecins, nutritionnistes ou publicitaires qui vous expliquent quoi manger et où le trouver pour votre santé. Non, rien de tout cela. Il suffit de se rappeler ce que mangeaient nos arrières grands-parents. Faites vos courses avec un aïeul virtuel qui vous éloignerait des produits qu’il ne connaissait pas de son temps et revenez à des gestes simples et utiles à retenir :
Des fruits et légumes à chaque repas, peu de viande (à raison de 300 gr par personne/semaine) et exclusivement de la race à viande biologique. Peu de sucre, pas de glucose fructose, pas d’huile de palme ou huiles hydrogénées. Aucun aliment transformé contenant des noms barbares et une nourriture qui ne fustige aucun aliment de la nature.

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