Le produit dont tout le monde parle… la stevia

La STEVIA est à la mode. Et il ne se passe pas une journée sans que l’on me pose la question suivante « Mais alors qu’est que cette stevia ? C’est bon ? Ils ont dit que c’était naturel et sans calorie !« 
Bon … par où je commence …

Cela fait un petit moment que je suis l’évolution de pénétration de la stevia dans l’alimentation. Cette plante, autrefois interdite en France, fut autorisée comme édulcorant, le 14 avril 2010 par les autorités sanitaires françaises pour deux ans.

La Stevia rebaudiana appelée aussi « chanvre d’eau » ou « stévia » contient des édulcorants intenses naturels, au fort pouvoir sucrant (on dit 200 ou parfois 300 fois plus que le sucre selon les sources).

Mais alors qu’en penser ?
Ou plutôt qu’est-ce j’en pense, car certains des avis suivants n’engagent que moi.

1) L’EFFET D’ORIGINE

Il n’y a, semble-t-il, aucun doute sur la dangerosité de cette plante. Utilisée depuis longtemps, par les Indiens guaranis, et depuis 400 ans au Japon, nous aurions vu depuis ce millier d’année passé les ravages d’une toxicité.
Le problème vient plutôt de la délocalisation du produit. Nous savons pour l’avoir vécu tant de fois avec tous ces produits miracles -je pense en particulier aux baies de goji- que la nature propose un biotope adapté aux cultures et aux modes de consommation de chacun. Nous transformons ceci en « acte de consommation » gavé par des messages publicitaires extrêmement bien huilés. Ce qui fait partie d’une culture n’arrive, jamais ou très rarement à fonctionner dans une autre culture. D’abord parce que les rites associés sont déviés et ensuite parce que nous l’associons à d’autres ingrédients différents modifiant les effets en les diminuant ou les accentuant.

2) L’EFFET MÉDIATIQUE

Des industriels, comme Coca-Cola France, Cargill ou Wesco, prennent un soin particulier pour nous expliquer le bien-fondé de cette substance évaluée à 56 millions d’euros le marché français des édulcorants. Coca Cola perçoit de nouvelles propositions de boissons à teneurs réduites en sucres, tout comme aux États-Unis ou des boissons contenant du Rebaudioside A, sont déjà distribuées.
Et puis, personnellement, cette ingérence de la part des industries agroalimentaires dans nos besoins alimentaires me fatigue. Leurs campagnes d’information me désinforment sur mes besoins naturels… sur mes besoins de base. Il est plus difficile de poser un brevet sur une pomme que sur une compote ou une boisson, alors vous ne les verrez jamais vous inciter à consommer la pomme, mais plutôt le produit transformé. Légitime, mais à ne jamais oublier.

3) L’EFFET SECONDAIRE

Le plus simplement du monde, nous intégrons dans notre alimentation… un édulcorant. Et alors me direz-vous ? Et bien nous trompons, ou tentons de tromper notre besoin en sucre. Je m’explique.
Nous devrions consommer des aliments non transformés ou le moins possible et ne pas consommer de sucre ajouté. Si nous le faisons, c’est que nous sommes, probablement, dans le dérèglement de comportements alimentaires. Essayer de se tromper en consommant des édulcorants, ce n’est pas changer de comportements, mais tout simplement tricher. Pas grave ? Ça fait pas grossir me direz-vous ! Et bien ce n’est pas ce que proposent les études démontrant les « écarts » des acros au light. Les adeptes d’allégés en sucre ingèrent moins de calories, mais en contrepartie, le pourcentage de sucre ingéré est très important dans leurs rations caloriques (Ils ont tendance à consommer plus de produits laitiers sucrés et à base de fruits, au détriment des féculents et compensent la frustration du besoin en sucre en le consommant sous une autre forme). – articles sur le sucre

4) L’EFFET TROMPEUR ?

J’ai reçu, dans la rue, de la part de jeunes filles, déguisées pour l’occasion, des échantillons de Stevia. et ai pu constater deux choses :

Premièrement le goût du produit distribué.
Je l’avais déjà trouvé extrêmement désagréable une première fois et cela s’est avéré confirmé. Un goût frais au départ se transforme en goût amer de type édulcorant en bouche. Je l’ai fait goûter, autour de moi, pour me conforter dans un choix et cela a fait l’unanimité. Le goût ne leur plaisait pas, mais c’est une histoire de goût, nous dirons.

Deuxièmement la lecture du prospectus distribué.
L’accroche stipule « Le goût sucré… sans les calories – En effet un stick est équivalent à 0 Kcalorie quand un morceau de sucre contient 20 Kcalorie ».
Cette information exprime le contenu de la plante d’origine le Reb A (Stevia rebaudiana – Rebaudioside A), mais un stick distribué ne contient pas que cela !! Il suffit de lire en tout petit sur le côté : « 
Stick de 1,5 gramme. Édulcorant de table à base de Rebaudiauside A : extrait de Stevia Rebaudiana. Ingrédients :
– Agent de charge : Erythritol
– Édulcorant : Rebaudiauside A. 1,35%
– Stabilisant : Cellulose en poudre
– Arômes naturels.
Pour un total de

– Protéines : 0 g
– Glucides : 1,47 g
– Lipides : 0 g
soit 0,34 Kcalories (??)

Pour finir, nous apprenons que ce stick (qui contient l’équivalent d’une cuillère à café correspond au pouvoir sucrant d’une cuillère à sucre. Où est passé l’effet 300 fois supérieur ? Il y a bien du rajout dans l’air.
Et puis la phrase sur les effets laxatifs n’est pas oubliée.

Bref, vous l’avez compris. Je ne suis vraiment pas un adepte de ce genre de produits, de campagnes publicitaires, de ces battages médiatiques, de cet acharnement à nous proposer des produits alternatifs qui font oublier l’essentiel.

A lire en complément :

veggie en folie
purevia.fr

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