Obésité, quand tu nous tiens

Le Parlement européen vient de refuser un moyen efficace de lutter contre l’obésité. Ces presque 400 membres ont-il mesuré les conséquences de leurs choix ? Ce qui est sûr est que l’industrie agro-alimentaire ne peut que les féliciter de cet acte … Zoom sur ce choix grave !

Stupeur à l’ESC (Société Européenne de Cardiologie), la décision du Parlement européen ne pourra que faciliter l’obésité et « aggravera les inégalités sanitaires entre Européens, selon leur statut socio-économique. Il est acquis aujourd’hui que 80% des maladies cardiovasculaires sont directement imputables à l’alimentation, à la sédentarité et au tabagisme ».

Une fois de plus, est remise sur la table, l’idée que les députés aient pu céder aux pressions de l’industrie agroalimentaire. Comment peut-on faire confiance alors a tout message nutritionnel émane des autorités sanitaires après ce genre d’actualité ?

La BEUC (Bureau européen des Unions de Consommateurs) ou l’ESC ont ce sentiment et cette même ESC avait, selon destinationsante.com, souligné en effet qu’un vote négatif « enverrait à la société le signal que les politiciens européens sont dans la main de l’industrie alimentaire ».

Mais de quoi parle-t-on ? Quel est donc le motif de cette colère ?

Rappelez vous lorsque j’écrivais précédemment « Thierry Souccar et Isabelle Robard ont proposé parmi un collectif, de modifier les étiquettes afin de ne voir figurer que l’indice glycérique d’un aliment, comme c’est déjà fait (sur la base du volontariat) dans certains pays. Mais personne ne veut de cette info, enfin du moins, pas les industriels. Ils y voient là une information terriblement efficace qui remettrait en doute le paquet que l’on tient dans la main lors d’un achat. »

Et bien on recommence un peu le même scénario, mais cette fois-ci, il s’agit de représenter des feux tricolores ayant pour mission de nous informer avec simplicité et lisibilité sur le profil nutritionnel d’un aliment, pour faire suite à une attente des consommateurs européens. Tout un chacun, un minimum alerte sur les informations à lire en premier sur un emballage alimentaire, ne comprendrait pas comment l’on peut refuser une telle décision d’affichage… et pourtant, loin des considérations de santé (pourtant la préoccupation de la Sécu), le choix a été fait. REFUSÉ !!!

Feu_tricoloreWSachez que ce système d’étiquetage nutritionnel existe déjà sur la base du volontariat au Royaume-Uni et plusieurs marques de distributeurs les ont fait figurer sur leurs produits.

1) Au début du siècle, une loi aux États-Unis avait pour idée de proposer un emballage violet pour tout aliment dit « contrefait ». Le premier du genre, était une margarine, car considérée comme transformée par l’être humain de façon inhabituelle ou non traditionnelle. Cette loi est devenue gênante lorsque les emballages violets ont commencé à prendre de la place en rayon. Résultat : Loi avortée.
>> Précautions pour l’industriel ou le consommateur ?

2) L’étiquetage environnemental des produits ne sera pas obligatoire en France en 2011. Prévue dans le projet de loi Grenelle 2, cette mesure a été annulée le mercredi 24 mars 2010 après l’adoption d’un amendement en commission du Développement durable de l’Assemblée nationale.
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3) L’affichage simplifié des indices glycémiques (IG), proposé et soutenu par Thierry Souccar et Isabele Robard, encore refusé (je crois que c’est la troisième fois — sous prétexte que c’est trop complexe à comprendre ??)
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4) L’affichage simplifié des informations nutritionnelles sous forme de feux tricolores, refusé.
>> Précautions pour l’industriel ou le consommateur ?

En résumé, je n’aime pas le nutritionnisme ambiant qui nous dicte, nous pousse, nous formate vers leurs choix. Cette ingérence permanente d’un côté et cette fuite des responsabilités de l’autre nous rappellent, humblement, que la nature attend que l’on s’intéresse à elle.

Souvenez vous qu’il n’y a pas d’indication industrielle, euh. Nutritionnelle sur les produits bruts, sur les fruits, sur les légumes…
Comprenez alors que les choix NOUS appartiennent.

Source : ESC, BEUC, 2010

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