Petit déjeuner sous influence ?

I. INTÉRÊTS CONFLICTUELS ?

MESSAGE NUTRITIONNEL ?

Qui n’a jamais entendu dire que le petit-déjeuner était le repas le plus important de la journée ?
Qui est passé à côté de l’une des phrases à tiroirs du marketing, dont la plus connue étant “il faut manger de tout” ?
Et bien personne !
Personne n’a pu échapper au besoin vital… de l’industrie agroalimentaire de gagner énormément d’argent.
Personne n’a pu échapper à l’appétit… des industriels de l’agroalimentaire.
Le petit déjeuner reste le repas le plus important pour un marché qui pèse 4 milliards d’euros.
Histoire de se sucrer, l’idéal est réuni : le produit laitier, le jus de fruits et le produit céréalier ! Trois industries qui ont une vision de la santé de nos chérubins très particulière, alors que la meilleure façon “d’aider” nos enfants serait peut-être de les laisser tranquilles !

Déjà en 1997, Denis MARIN, alors responsable du marketing de QUAKER France exprimait une pleine croissance de leur vente de produit grâce à un soutien marketing massif. Il était déjà fier de constater que le public français était “réactif aux promotions et à la publicité”. Déjà KELLOGG’S et NESTLÉ consacraient 15 % de leur chiffre d’affaires par an, quand le reste de l’industrie consacrait à peine 5 et 10 % !
Vous comprenez mieux pourquoi depuis minimum 20 ans, il faut absolument que le petit déjeuner soit le repas… le plus important ?

SUCCÈS MALHEUREUX

On peut envier la réussite de cette communication. 75 % des Français considèrent le petit déjeuner comme incontournable, 92 % des 5-11 ans ne savent pas s’en passer en l’état. Chaque matin, 17 minutes de bonheur censées leur apporter du… sucre. 17 minutes “agroalimentaires” devenues incontournables et inconcevables à modifier ! D’ailleurs, par expérience, tout changement de comportement alimentaire passe par une angoisse métaphysique lorsque l’on aborde le petit déjeuner. Un “Français” est persuadé que notre façon de déjeuner est la bonne et ce n’est pas les conseils cathodiques en blouses blanches qui vont l’en dissuader !!

LES MARQUES SE BOUSCULENT AU PORTILLON

Ce marché est très disputé par les marques suivantes. Chaque centimètre de votre table compte. !
NESTLÉ (Nescafé, Lion, Ricoré, Tonimalt, Nesquik, Caro, Cheerios, Chocapic, Crunch, Fitness, Menier, Lanvin, L’atelier, Sundy, Nespresso, Dolce Gusto…),
KELLOGG’S (All bran, Chocos, Coco Pops, Kellog’s corn flakes, Country Store, Extra pépites, Frosties, Miel Pops, Smacks, Special K…),
KRAFTFOODS (CapriSun, Granola, Oreo, Café Grand Mère, Carte noire, Jacques Vabre, Figolu, Paille d’or, Mikado, Poulain, Heudebert, Petit écolier…),
SARA LEE (Maison du café, Senseo, Croustipate, Brossard, Justin Bridou, Cochonou, Aoste…),
DANONE (Actimel, Danette, Activia, Taillefine, Blédina…),
ANDROS (Andros, Bonne maman…),
PASQUIER (Brioche Pasquier, Pitch…).

PRODUITS LAITIERS EN PROGRESSION

Le petit regret de certaines marques reste le manque d’intérêt que les Français portent aux produits laitiers le matin, et cela malgré les différentes campagnes de communication, euh de sensibilisation à la nutrition et aux produits laitiers. Nos amis pour la vie parait-il ?
Amélie De LACOSTE, responsable France de la marque ACTIVIA de DANONE, expliquait qu’ « aucun acteur de l’ultrafrais n’a trouvé sa place”. Il est vrai que le marché est à peine consolidé côté ados avec le Yop et côté premium avec le yaourt à boire de MICHEL & AUGUSTIN ou ACTIMEL (DANONE).

CÉRÉALES EN PLEINE FORME

Toutefois, s’il y a bien un secteur qui se frotte les mains, c’est celui des céréales. Selon CPF NESTLÉ Céréales, 90 % des enfants âgés de 7 à 14 ans consomment des céréales au petit-déjeuner. Communiquer pour ce marché en donne le tournis. Imaginez un monde d’innovation au service de la gourmandise. Chacun y va de sa publicité et de son matraquage. Trop d’argent est en jeu et cela se passe sous les yeux collés des responsables “sanitaires” de notre pays.

L’enfant n’est pas un marché… mais une cible !! Voilà en ces termes la motivation de progression de tous les grands groupes capables de toutes les ruses possibles pour emporter nos enfants dans leur monde magique. Mais ne vous méprenez pas, les adultes aussi sont en ligne de mire. Pour deux raisons, premièrement car ils sont peu nombreux à consommer des céréales et, deuxièmement car devenus consommateurs ils deviennent prescripteurs et promoteurs du produit vis-à-vis de leurs enfants.

Sournoisement, une bataille a été gagnée par ce marché de dupe. La sémantique est mise à mal par un terme galvaudé. Cela n’a échappé à personne que les céréales du petit déjeuner n’en sont pas !! La matière première — peut être —, mais le produit fini est un Aliment Ultra Transformé [AUT], extrudé, chauffé, sucré et devenu une bombe glycémique !!
L’idée que l’être humain doit consommer des céréales est infondée, mais alors à foison, transformées et dès le matin, c’est un non-sens. Comparées aux légumes, elles sont pauvres en nutriments essentiels. Mais elles ont aussi souvent une glycémie élevée non négligeable. Sans débattre ici du « gluten », contenu dans le blé industrialisé et de tous les maux dont on l’accuse.

COMME SI CELA NE SUFFISAIT PAS, BUVEZ DU JUS.

Le troisième petit positionnement produit dans votre petit déjeuner, est le jus de fruits issu du sacro-saint fruit dont on nous vante tant les mérites. Cela fonctionne. Il suffit de constater que tous les stands à jus de fruits ne peuvent s’empêcher d’accoler la pancarte « Healthy” — traduisez “Bon pour la santé”.
Un jus de fruits est une sucrerie qui contient autant de sucre qu’un verre de soda. Et ne soyez pas rassuré par cet excédent sous prétexte qu’il s’agit de fructose. C’est le pire sucre pour le métabolisme, dixit Dr LUSTIG, éminent professeur en guerre contre le sucre aux États Unis.

ALORS STOP ?

Oui, il serait bon d’arrêter, même si ce n’est pas facile de freiner nos enfants face aux glucides à IG élevés dès le matin. Avec tous ces personnages de marques, ces couleurs attirantes et cette facilité de consommation, la croissance d’obésité dans le monde et en France est devenue une épidémie, sans choquer ni alarmer les instances sanitaires ! Non ! Sans alarmer, sinon, toutes les publicités seraient stoppées et les conseils pour des « Junk Dej’s” controversés par des médecins-nutritionnistes-diététiciens, financés par l’industrie, agroalimentaire seraient interdits !

II. CONFLITS D’INTÉRÊTS ?

Il ne faut pas confondre « liens d’intérêts” et « conflits d’intérêts”. Les liens d’intérêts ne deviennent source de conflits que lorsque les intérêts qu’ils procurent risquent de conduire les bénéficiaires à ne plus agir dans le respect des valeurs éthiques.
Le Conseil de l’Europe définit un conflit d’intérêts « naît d’une situation dans laquelle un agent public a un intérêt personnel de nature à influer ou paraître influer sur l’exercice impartial et objectif de ses fonctions officielles” (loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013).
Transparency-france.org désigne “toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction”. Le conflit d’intérêts n’est pas une infraction pénale. La prise illégale d’intérêts est la traduction pénale du conflit d’intérêts (lorsqu’il est avéré).

Pour développer une gamme de produits, un industriel est amené à nouer des relations avec des experts, des journalistes et des acteurs publics. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il faut maintenir ces échanges, mais encore faut-il les encadrer très sévèrement. Car cela a des limites. La Croix nous rapporte que le chef du service de nutrition pédiatrique du CHU de Lille, le professeur Dominique TURCK dénonce, lui, le « double discours” des pouvoirs publics. Il précise “On est écartelé entre le ministère de la Santé qui, désormais, hurle devant le moindre lien d’intérêt, et celui de la recherche, qui nous encourage à monter des partenariats public-privé pour faire tourner nos laboratoires”.

Pour information, à ce jour, 60 % des médecins américains ne déclarent pas les liens d’intérêts dans les articles [scientifiques] (source). Qu’en est-il en France ?

Jérémy Anso dans “Santé, mensonges et (toujours) propagande”, aux éditions Souccar, précise “Le contrôle des conflits d’intérêts dans l’expertise publique existe, mais il montre ses limites […] Il faut impérativement une entité indépendante qui veille à la sélection impartiale des experts et des professionnels de santé en écartant ceux avec des conflits d’intérêts. Cette entité devra être capable d’enquêter sur les experts puisque nous savons que nombreux sont ceux qui “oublient” ou omettent de déclarer des liens d’intérêts significatifs.”
Le journal “LeMonde”, déjà en 2012, écrivait un article (source) très significatif sur le système actuel : “Certains experts de l’ANSES spécialisés dans la nutrition humaine ont aussi des liens avec l’industrie agroalimentaire. […] 
Or, au vu des déclarations publiques d’intérêt de ses cadres et de ses experts mises en ligne par l’ANSES, il apparaît que seuls 3 des 23 membres du Comité d’experts spécialisés (CES) “Nutrition humaine” ont une déclaration vierge de tout lien. À l’inverse, huit par exemple, soit un tiers du CES, sont membres de l’Institut Danone. […] ‘Cela devient difficile de mobiliser des experts indépendants de tous les industriels”, regrette un cadre.”

LE RISQUE ? UN MÉLANGE DES GENRES MALSAIN !

Alors on peut se poser des questions.
Une assemblée de médecins conviée aux entretiens de Bichât ne peut pas se retrouver face à une responsable de la communication de COCA-COLA LIGHT qui ne décline pas son identité lorsqu’elle minimise les méfaits des édulcorants (à lire aussi).
Une session lors d’un congrès de médecins, sous le parrainage du ministère de la Santé, ne doit pas être « chapeautée” par deux firmes comme MCDONALD’S et COCA-COLA venues débattre du “contenu nutritionnel du repas”. (source).
Les nutritionnistes ne sont pas épargnés. Paul SCHEFFER, président de l’Association de diététique et nutrition, critique (lire ce sujet), alors en BTS, dénonçait une intervention présentée comme un cours « faite par une représentante des fabricants de céréales de petit déjeuner […] Cette intervention n’avait rien d’anodin et pouvait même faire l’objet d’un sujet de contrôle”.

MON PETIT DÉJEUNER, IL EN EST OÙ ?

Lorsque je cherche des informations sur le petit déjeuner idéal pour rester en bonne santé, je suis écartelé par différents courants nutritionnels. Des marques, des docteurs, des nutritionnistes, des infos, des conseils, des allégations, des recommandations… Très vite on ressent que la présence de médecins partagés entre milieux hospitaliers et milieux industriels reste légitimement discutable. Une méfiance crée le doute, une défiance s’installe.

Si on se penche sur le sujet, on peut trouver des rebelles, qui ont le point commun de n’avoir aucun intérêt dans l’industrie agroalimentaire !! Des praticiens qui luttent contre tous ces excès de sucre, de céréales, de jus de fruits, de biscuits et gâteaux en tout genre. Des professionnels que j’aime suivre et qui présentent une vision moins sucrée de ces “17 minutes” matinales. Voici quelques noms, à défaut d’être une liste exhaustive :

Magali WALKOWICZ, Diététicienne nutritionniste.

« Le meilleur conseil nutritionnel que l’on puisse donner aux parents c’est : libérez vos enfants du sucre ! […] Jus de fruits, biscuits, céréales du petit déjeuner, pain de mie, pâtes à tartiner, compotes… le sucre est partout, et particulièrement dans les aliments du petit déjeuner et du goûter. Problème : il favorise le surpoids, perturbe l’attention et l’humeur. Spécialiste des glucides, la diététicienne Magali WALKOWICZ vous dit comment concocter des petits déjeuners et goûters pauvres en sucres…”

Jean Paul CURTAY, Médecin et pionnier de la nutrithérapie

« Les sucres rapides (viennoiseries, pain blanc, biscottes, confiture, miel), par leur action bloquante sur une multitude de processus organiques, favorisent la fatigue, l’affaiblissement du système immunitaire, le surpoids et le vieillissement prématuré de l’organisme.”

Catherine KOUSMINE, Médecin et diététicienne. Décédée en 1992.

La recette de la crème Budwig a été inventée par le Dr Katia (Catherine) Kousmine, médecin et diététicienne de renom. Elle l’appela « budwig », en hommage à Johanna Budwig, pharmacienne, qui a énormément travaillé sur les huiles et les margarines. Les travaux de Catherine Kousmine sont reconnus et respectés. On parle de méthode Kousmine. La recette dérivée de la Budwig est le Miam-Ô-Fruit, composé par la navigatrice et auteure France Guillain.

Jean SEIGNALET, Médecin, clinicien, biologiste, maître de conférences, chercheur, décédé en 2003.

Je vous encourage à découvrir ses livres et ses travaux. Vous serez surpris par son avant-gardisme.

Bernard ARANDA, Neurologue, Neuro-urologue et Micronutritionniste.

Le Dr Bernard Aranda a pu constater les bienfaits du régime cétogène sur ses nombreux patients. “De plus, des intolérances alimentaires viennent encore perturber le fonctionnement du tube digestif, dont on sait qu’il a des interconnexions et des interactions très étroites avec le système nerveux. Il est souvent appelé le “2e cerveau”. Les intolérances alimentaires les plus fréquentes sont l’intolérance au lactose et à la caséine du lait et les intolérances au gluten de plus en plus fréquentes puisque les céréales, à l’exception du riz, en contiennent de plus en plus.” (source)

ALIMENTATION LOW CARB (Faible en glucides).

Le site lanutrition.fr écrit : « Ce régime a longtemps eu mauvaise presse. Il s’éloigne (beaucoup) des recommandations des autorités sanitaires, qui préconisent des féculents à chaque repas et expliquent que les glucides sont la première source d’énergie de l’organisme et qu’ils sont indispensables à l’organisme. […] Le régime low carb n’est pas préconisé que pour la perte de poids. Il diminue le niveau de marqueurs du risque cardiovasculaire (comme les triglycérides), abaisse la glycémie et pourrait prévenir ou inverser le diabète.”

NÉONUTRITION

Dans une lettre de neonutrition, les journalistes scientifiques Jean-Marc DEPUIS et Eric MÜLLER écrivent sous le contrôle du Dr Dominique RUEFF, du nutrithérapeute Jean Paul CURTAY, de la spécialiste du vieillissement Dr Astrid STUCKELERBER, du phytothérapeute Dr Franck GIGON, de la pharmacienne Dr Danielle ROUX-SITRUK ou la naturopathe Alessandra MORO BURONZO.

On peut y lire ceci (source) :
CÉRÉALES :
Elles sont pauvres en nutriments essentiels, comparées aux légumes. Elles sont riches en sucre responsable du surpoids généralisé, appétit incontrôlé, obésité, diabète de type 2, maladies du cœur, et cancer. La céréale la plus répandue dans les pays occidentaux est, de loin, le blé, qui peut causer chez l’homme toutes sortes de problèmes de santé et abîmer les parois intestinales.
LAITAGES :
Riches en leucine, un acide aminé accélérateur du vieillissement. Stimulent la sécrétion d’IGF1, un autre accélérateur du vieillissement et promoteur de croissance tumorale. Augmentent la sécrétion d’insuline, un facteur toujours impliqué dans le surpoids, un accélérateur du vieillissement et un facteur de croissance des cancers. Un très grand nombre d’études ont montré une sévère augmentation des risques de cancer de la prostate et de cancer du sein liée à une consommation de produits laitiers, y compris les yaourts.

ET TANT D’AUTRES MÉDECINS, DIÉTÉTICIENS, NATUROPATHES, PHARMACIENS, SCIENTIFIQUES…

Comme Dr Laurent CHEVALLIER, Dr Loren CORDAIN, Dr Anthony FARDET (“Mangeons vrai”, éditions Souccar), Dr David PERLMUTTER (“Ces glucides qui menacent notre cerveau”, éditions Marabout), Pr Henri JOYEUX, Pr Walter WILLET, Pr Robert LUSTIG (“Sucre l’amère vérité”, éditions Souccar), Pr David LUDWIG (“Toujours faim ? : En finir avec les fringales”), Dr Mark Hyman (« Mangez gras, maigrissez”, éditions Marabout), Pr Karen O’DEA, Gary TAUBES (“Pourquoi grossit-on ?”, éditions Souccar) ou Michael POLLAN (« Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments”, éditions Souccar) … 

MON PETIT DÉJEUNER, QUEL EST LE PROBLÈME ?

En tant que consommateur, le problème est très simple.
Que penser des conseils des docteurs suivants ? C’est une question légitime qu’un débat public doit nourrir de réponses, en toute transparence.

a) Que penser du Dr LAURENCE PLUMEY, Médecin nutritionniste, praticienne des Hôpitaux de Paris, spécialisée dans la prise en charge du surpoids et de l’obésité, et fondatrice de l’école EPM Nutrition, qui écrit sur le site internet de consoglobe les propos suivants :

“J’entends fréquemment dire [que les céréales] contiennent plus de 80 % de sucre ! C’est totalement faux ! […] « Au petit déjeuner il faut manger du sucre”, rappelle le docteur PLUMEY. “C’est un repas important en termes d’énergie, qui a besoin de glucides : que l’enfant trouve ce sucre via la confiture, le miel, les céréales, peu importe ! Se faire plaisir, c’est essentiel”. D’autant que les céréales, même raffinées, apportent aussi des protéines végétales, des minéraux, dont le fer, et des vitamines, surtout du groupe B (20 à 25 % du besoin quotidien par portion de 35 g). source

Alors qu’elle est aussi dans une vidéo sur le site www.matinscereales.com, pour le compte d’adhérents “célèbres” comme KELLOGG’S, QUAKER ou NESTLÉ !!
Ce même site troublant, où nous trouvons les infos-intox portées par Karima KACI, Secrétaire Générale de Matins Céréales, qui répond à des questions sur les céréales du petit déjeuner, dont mes préférées restent celles-ci :

I. Mon enfant présente un surpoids. Peut-il manger des céréales pour petit déjeuner ?
Oui, bien sûr. Il optera de préférence pour les céréales les plus riches en glucides (surtout complexes) et les plus pauvres en lipides. Les céréales pour le petit déjeuner riches en protéines et/ou en fibres seront également à privilégier. En effet, les protéines et les fibres favorisent la satiété, paramètre à prendre en compte pour bien gérer la sensation de faim, éviter le grignotage et donc mieux contrôler le poids.

II. Si mon enfant n’aime pas le lait, comment peut-il consommer des céréales pour petit déjeuner ?
Il peut les consommer avec un autre produit laitier (yaourt, lait fermenté, fromage blanc, petit-suisse…). Il est important de veiller à ce que les enfants consomment suffisamment de calcium au petit déjeuner.

Suite à cette découverte pour le moins surprenante, j’ai assisté à une conférence du Dr PLUMEY pour me faire ma propre opinion — accompagné de 5 témoins. Et là, quelle n’a pas été ma surprise ? Ce médecin fait la promotion de son titre de docteur à l’hôpital Necker, de son dernier livre, mais aucune mention à propos de matins céréales ?? Pourtant, personnellement cela me gêne. Personne dans l’assemblée n’a remarqué qu’elle récitait un discours qui ne ressemble en rien à tous les travaux de médecins que j’ai cités plus haut et dans mon livre. Devant nous, elle explique à deux ados de l’assemblée, qu’ils peuvent petit-déjeuner en prenant deux poignées de céréales… tout en trouvant l’exemple, faussement soudain, de CHOCAPIC (Hop ! Une marque NESTLÉ), et enchaîne cette méthode tout au long de cette heure — qui m’a parue insupportable. En parlant des eaux, une seule marque “sans sucre” lui revenait en tête, la CONTREX (Hop ! Une marque NESTLÉ). C’est ce dernier petit détail qui m’a interpellé et m’a donné l’idée de vérifier toutes les marques qu’elle citait de… Nestlé ! Coïncidence ? Elle explique ainsi, je cite : “que le jus de fruits du matin est idéal” et rappelle que “e soda est très sucré et qu’en cas de régime, il vaut mieux les prendre light” ??!

Ma fille a 20 ans a attendu la fin de la conférence pour lui poser une question.
Ma fille : « Madame pourquoi vous faites la promotion des édulcorants, on dit que c’est dangereux, surtout dans le cadre d’un régime ?”.
Dr : « Tu ne sais pas ce que c’est un édulcorant ?”
Ma fille, étonnée : « Euh non ?”
Dr : « Et bien moi… je sais !”

FIN DE LA CONVERSATION —
Pour rappel et information : Les sodas “light” ne semblent pas très pas bons pour le diabète. S’appuyant sur une étude portant sur 66 000 femmes depuis 1990, des chercheurs français ont montré un lien entre boissons “light” et risque de diabète de type 2. Avec les édulcorants, le consommateur développerait une attirance plus forte pour les produits sucrés. Et l’aspartame entraînerait une hausse de l’insuline.

b) Que penser du Dr Patrick SEROG, Médecin qui exprime dans une vidéo pour France 2 — Télématin, « Glucides : À prendre ou à laisser” à découvrir ici (mot de passe : france2), un discours pour le moins déconcertant. On y entend que les régimes sans sucre peuvent être dangereux, que finalement, limiter les sucres n’est qu’un gage de silhouette et non de santé publique. On y entend un discours qui amalgame sucres et glucides, qui génère la peur des graisses, qui ose évoquer un déséquilibre en cas de suppression des sucres. Un raccourci (que je connais bien en marketing alimentaire) qui signale que ne pas manger de sucre c’est manger plus de cochonneries à côté et pour finir, tout en proclamant que le sucre n’est pas dangereux, finit par glisser l’utilité du dessert lacté.

Que penser donc d’un conseil du matin qui ne prend pas en compte les 40 ans d’échecs nutritionnels sous l’emprise lobbystique, mais surtout les 12 ans d’échec d’un PNNS bourré de contradictions ? Que penser d’un docteur qui, associé au Dr Frédéric SALDMAN dans une société de conseil en marketing et communication pour l’industrie agroalimentaire et la grande distribution (“Sprim” et “Equitable”), conseillent ou ont conseillé de grands noms de l’industrie agroalimentaire comme DANONE, NESTLÉ et HERTA, FERRERO, LESIEUR, BLÉDINA, les fabricants de charcuterie, les producteurs de sel, les producteurs de pruneaux, la filière œufs, mais aussi le groupe CARREFOUR ou les industriels de la conserve ? (Source). Le site de lanutrition.fr sur ce même article, mis à jour le 21 novembre 2017, nous informe : « Le succès de ce marketing au service de l’agrobusiness est tel que Frédéric SALDMAN a ouvert des agences sur le même modèle un peu partout dans le monde. Le Dr SALDMAN est aussi à l’origine de la manifestation Dietecom dont l’édition 2009 se tient les 26 et 27 mars à la Faculté de médecine de Paris. Dietecom se présente se présente comme le “1er salon professionnel de nutrition”, mais c’est en substance une vitrine promotionnelle pour les marques et de filières de l’industrie agroalimentaire – dont certaines sont les clients d’Equitable.” […] « Reste à savoir ce que le grand public peut espérer des conseils de nutritionnistes qui sur les plateaux télé ou dans leurs livres ne font pas état de leurs liens avec l’industrie.”

c) Que penser de Béatrice DUBERN, Médecin pédiatre à l’Hôpital Trousseau pour la société francophone de nutrition clinique et métabolisme — SFNEP, qui affirme que « le lait animal serait mieux que le lait végétal” alors que justement la SFNEP touche des financements de LACTALIS, NESTLÉ, NUTRICIA et d’autres industriels du lait ? (source)
d) Que penser du comité de DANONE, une entreprise privée qui emploie des Médecins à des postes publics ?
En novembre 2018, le directeur de la publication est le Pr Daniel RIGAUD, CHU Le Bocage, Dijon. Le rédacteur en chef est le Dr Jean-Laurent LE QUINTREC, Hôpital Ste Périne, AP/HP, Paris. Le comité de rédaction est assuré par les Drs Brigitte BOUCHER, Paris ; Pr Pierre BOURLIOUX, Faculté de Pharmacie, Paris ; Pr Jean NAVARRO, Hôpital Robert DEBRÉ, AP/HP, Paris ; Dre Martine PELLAE, Hôpital Bichât, AP/HP, Paris ; Pr Philippe VAGUE, Hôpital de la Timone, Marseille.

e) Que penser de la lecture du livre troublant « Santé, mensonges et (toujours) propagande” de Jeremy ANSO (préfacé par Thierry SOUCCAR et Isabelle ROBARD) où il est mentionné : « En 2017, DANONE a choisi d’orienter sa conférence sur la notion de plaisir, une stratégie payante, souvent utilisée par l’industrie (lire l’exemple de l’industrie du sucre, page 111 de son livre). Le CERIN a, quant à lui, fait intervenir sa propre diététicienne pour rappeler les recommandations en matière de produits laitiers pour l’adulte, en compagnie du chef du service de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, le Dr Jean-Michel LECERF (voir page 150). Au cours de ces JFN, NESTLÉ, LACTALIS et DANONE avec sa filiale NUTRICIA offrent des récompenses à plusieurs chercheurs ; une pratique qui permet de s’octroyer la sympathie d’un scientifique, d’un prescripteur et d’un potentiel leader d’opinion, et par la même occasion, de s’offrir une belle opération de communication : l’industriel bénéficie de retombées médiatiques et se positionne comme un acteur majeur de la recherche.”

f) En Australie, que penser aussi de cette révélation (source 1  source 2) de Maryanne DEMASI (reporter scientifique pour Catalyst sur ABC TV) devenue une cible de l’industrie des céréales du petit déjeuner. Ses documentaires remettent en cause des idées orthodoxes sur le sucre, les graisses et le gluten. Elle a divulgué des documents confidentiels, troublants, sur les tactiques secrètes utilisées par certains industriels pour éliminer tout « message négatif” à propos de leurs produits. On y retrouve les schémas d’une organisation extrêmement bien rodée tentant de générer des « postes d’influence rémunérés” [postes que l’ABCMF ne réfute pas].
Les documents, à l’origine pour une diffusion privée, étaient émis par le “Forum australien des producteurs de céréales pour petit déjeuner”, le ABCMF (Australian Breakfast Cereal Manufacturers Forum) et l’Australian Food and Grocery Council (AFGC), une association qui représente, entre autres, SANITARIUM, KELLOGG’S ou NESTLÉ…
Ce qui est reproché à ABCMF, n’est pas sa communication réalisée par des nutritionnistes, mais essentiellement que leurs études soient, je cite, « réalisées par des scientifiques “favorables à l’industrie” pour des résultats rapportés de manière sélective”.
Des études affirment que les céréales de petit-déjeuner sont une source riche de fibres, de vitamines et de minéraux, mais ces mêmes études ne mentionnent jamais la teneur en sucre (> 30 g / 100 g) car cela mettrait ces produits dans la ligne de mire au même titre que les boissons sucrées.
On y apprend aussi la manière dont cette organisation “influence les autorités de santé publique” en injectant 23 000 $/an dans la Dietitian’s Association of Australia (DAA).
En parcourant le rapport, on découvre la notion de “défense active” contre toute personne qui constitue une menace pour ces marques. Ils décrédibilisent et affaiblissent toutes preuves scientifiques qui pourraient dissuader les consommateurs de manger des céréales au petit déjeuner. Pete EVANS, défenseur du régime paléo (sans céréales) est une cible de premier plan. Le Dr Kieron ROONEY (chercheur, spécialiste de l’obésité à l’Université de Sydney) et le Dr Gary FETTKE (Chirurgien orthopédiste, adepte des régimes faibles en sucre à des patients atteints de type 2) sont devenus “trop importants” aux yeux de ces multinationales. et le Dr KETTKE résume ainsi “Nous sommes comme des moustiques dans la pièce, nous leur nuisons”.
Toutefois, à l’époque des réseaux sociaux, les langues se délient plus vite. Ainsi des diététiciens “indépendants” ont manifesté leur colère face à des collègues “accrédités par les campagnes de l’ABCMF”. Le ras-le-bol est manifeste. La nutrition est envahie de messages d’intérêts trop puissants et nuisibles. La défense du consommateur est exclue de l’équation. La Dre Adèle HITE (diététicienne, North Carolina State University, USA) insiste « c’est là que, selon moi, cette campagne dépasse le stade de la “protection du secteur” jusqu’à une insertion dangereuse de l’industrie dans les soins cliniques”.
Ces pratiques d’influence rappellent celles de l’industrie du tabac, aujourd’hui connues, et il convient de fermer ce dossier australien (qui n’a rien à envier au reste du monde), en rappelant que les diététiciens qui préconisent les régimes pauvres en glucides (low carb) ou Paléo pourraient faire l’objet de « plaintes officielles et de pénalités”. En 2015, la diététicienne Jennifer Elliott en a fait les frais. Elle fut exclue de la DAA pour avoir prescrit un régime pauvre en glucides à un patient atteint de diabète de type 2.

III. REPÈRES PERDUS ?

Avec l’aimable autorisation des éditions Souccar, en guise de conclusion, un extrait d’interview de Mélissa MIALON, chercheuse en santé publique, docteure en nutrition, paru dans « Santé, mensonges et (toujours) propagande », cité plus haut.

” L’INDUSTRIE LAITIÈRE UTILISE DES TACTIQUES SIMILAIRES À CELLES DE L’INDUSTRIE DU TABAC !

Jeremy ANSO lui pose les questions suivantes :

En 2017, tu as publié avec Jonathan MIALON une étude sur les stratégies d’influence de l’industrie laitière. Pourquoi cette étude et pourquoi ce secteur de l’industrie agroalimentaire ?
Parce que les produits laitiers ont une place bien distincte dans les recommandations alimentaires françaises, alors qu’il faudrait limiter la consommation de certains d’entre eux, et que d’autres aliments […] Nous avons donc voulu savoir si cette industrie utilisait des stratégies d’influence en vue de peser sur les recommandations nutritionnelles françaises, qui font la part belle aux produits laitiers.
Qu’avez-vous trouvé en enquêtant ?
Il s’avère que l’industrie utilise des tactiques similaires à celles de l’industrie du tabac, dans le but d’influencer le discours scientifique, les politiques de santé publique et l’opinion publique. […] L’industrie est présente lors d’événements scientifiques tels que les Journées francophones de nutrition ou les Journées d’études de l’Association française des diététiciens-nutritionnistes. Plusieurs membres de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) ont également des liens étroits avec cette industrie.
Peut-on parler de manipulation de l’information ?
Les industriels de la filière laitière en France manipulent de fait l’information, via de multiples organismes qui semblent neutres, comme l’Observatoire CNIEL des habitudes alimentaires (OCHA) ou encore le Centre de recherche et d’information nutritionnelles (CERIN), mais qui sont en fait financés par cette industrie. […] Comme d’autres secteurs de l’industrie agroalimentaire, ils insistent sur la pratique d’une activité physique, n’étant pourtant pas spécialistes de ce domaine. Cela leur permet de détourner l’attention et d’aborder d’autres sujets que les effets de leurs produits sur la santé.
Ces stratégies d’influence sont-elles différentes d’un secteur à l’autre ?
Non. Les stratégies de l’industrie agroalimentaire sont très proches de celles d’autres industriels, ceux de la pharmacie ou du tabac par exemple. Il s’agit souvent de faire en sorte que les mesures réglementaires ne soient pas trop contraignantes, de ralentir les prises de décisions, pour continuer à faire autant de profit que possible. […] Les industriels de l’agroalimentaire cherchent à s’imposer comme des acteurs légitimes de santé publique, plutôt qu’être vus comme les responsables d’une épidémie de maladies non transmissibles (diabète, cancers, etc.). […]

sources globales
www.usinenouvelle.com/article/agroalimentaire-les-cereales-du-petit-dejeuner-gardent-la-forme.N85914
www.agro-media.fr/analyse/grands-aliments-pour-petits-dejeuners-7987.html
lead.neo-nutrition.net/pieges-petit-dejeuner
www.lanutrition.fr/les-news/des-medecins-lies-a-lindustrie-laitiere-sen-prennent-aux-laits-vegetaux
www.youtube.com/watch?v=j53qsA6dAZs&feature=youtu.be
www.consoglobe.com/cereales-petit-dejeuner-sante-cg
www.lanutrition.fr/anthony-fardet-les-faux-aliments-sont-la-premiere-cause-de-deces-dans-les-pays-occidentaux
www.lanutrition.fr/le-regime-low-carb-pauvre-en-glucides
/www.lanutrition.fr/un-regime-low-carb-reduit-il-lesperance-de-vie
transparency-france.org/actu/definition-conflit-dinterets/
https://jamanetwork.com/journals/jamasurgery/fullarticle/2696610
https://www.la-croix.com/Actualite/France/Le-lobby-agroalimentaire-etend-son-influence-dans-le-monde-de-la-sante-_EP_-2012-06-21-821624

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