{"id":2005,"date":"2016-05-09T10:19:34","date_gmt":"2016-05-09T09:19:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.stefaneguilbaud.com\/blog\/?p=2005"},"modified":"2016-05-09T10:20:20","modified_gmt":"2016-05-09T09:20:20","slug":"interview-stop-aux-produits-industriels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.stefaneguilbaud.com\/blog\/?p=2005","title":{"rendered":"Interview \u00ab\u00a0Stop aux produits industriels\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong><i>Voici la reprise d&rsquo;une interview paru sur <a href=\"http:\/\/www.femininbio.com\/cuisine-recettes\/conseils-astuces\/stop-aux-produits-industriels-rencontre-stefane-guilbaud-83151\" target=\"_blank\">femininbio.fr<\/a>, le 15\u00a0 avril\u00a02016<a href=\"http:\/\/www.femininbio.com\/agir-green\/actualites-nouveautes\/si-demain-etait-autre-jour-82838\" target=\"_blank\"><br \/>\n<\/a><\/i><\/strong>Droits exclusifs www.femininbio.fr. Reproduction ou ping interdit\u00a0sans autorisation.<\/p><\/blockquote>\n<p>INTERVIEW :\u00a0STOP AUX PRODUITS INDUSTRIELS ! RENCONTRE AVEC ST\u00c9FANE GUILBAUD<\/p>\n<p><strong><strong>Auteur du livre <i>Je ne mange pas de produits industriels<\/i>, St\u00e9fane Guilbaud revient pour FemininBio sur nos modes d&rsquo;alimentation et les cons\u00e9quences de 30 ans de marketing r\u00e9ussis de la part de l&rsquo;industrie agro-alimentaire. Une interview d\u00e9capante qui invite \u00e0 changer nos habitudes !<\/strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qu\u2019un aliment transform\u00e9\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un aliment ayant subi des modifications techniques. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9 d\u2019un aliment brut, un produit transform\u00e9 est \u00ab d\u00e9structur\u00e9 \u00bb via des proc\u00e9d\u00e9s chimiques ou m\u00e9caniques afin d\u2019en extraire des ingr\u00e9dients de base, utilis\u00e9s par l\u2019agroalimentaire. On ne parle plus de c\u00e9r\u00e9ales, mais de grain, d\u2019amidon, de son (l\u2019enveloppe), de gluten. On ne parle plus de v\u00e9g\u00e9taux, mais de fructose, de glucose, de dextrose, de fibre, de pulpe\u2026<br \/>\nAinsi, dans des usines qui ont parfois un air de Tricatel dans le film <em>L\u2019aile ou la cuisse <\/em>de Claude Zidi, les diff\u00e9rentes mati\u00e8res premi\u00e8res sont assembl\u00e9es, m\u00e9lang\u00e9es, extrud\u00e9es, souffl\u00e9es, cuites, vaporis\u00e9es\u2026 afin de reconstituer un produit alimentaire.<br \/>\nLes aliments transform\u00e9s usent de subterfuges pour paraitre plus app\u00e9tissants. On modifie leurs textures pour les rendre plus moelleux ou plus croustillants. On param\u00e8tre leurs gouts, leurs odeurs en incorporant des palettes d\u2019ar\u00f4mes et exhausteurs\u2026 Ce n\u2019est pas de la science-fiction. C\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 que l\u2019on retrouve au quotidien dans les rayons d\u2019une grande surface.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates assez remont\u00e9 contre l&rsquo;industrie agro-alimentaire&#8230;<\/strong><br \/>\nL\u2019id\u00e9e est de produire toujours plus, toujours moins cher, mais pas forc\u00e9ment bon march\u00e9. Si je devais donner un seul exemple, cela serait celui des Corn Flakes. Si la mati\u00e8re premi\u00e8re, le ma\u00efs, est \u00e0 140 euros la tonne, apr\u00e8s quelques manipulations d\u2019extrusion, de recuisson, d\u2019aplatissage et de sucrage, cette bombe glyc\u00e9mique se vend en rayon \u00e0 presque 7000 euros la tonne. Observez le co\u00fbt au kilo de toutes les barres chocolat\u00e9es, les jambons reconstitu\u00e9s, les plats cuisin\u00e9s\u2026 Ces succ\u00e9dan\u00e9s sont finalement d\u2019un tr\u00e8s mauvais rapport qualit\u00e9-prix.<br \/>\nDe mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la pi\u00e8tre qualit\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res est maquill\u00e9e par l\u2019ajout de sucre, de gras ou de sel. Les aliments finissent, en rayon, affubl\u00e9s d\u2019un superbe emballage qui \u00ab magnifiera \u00bb le tout.<br \/>\nUn aliment brut, comme une ch\u00e2taigne, une pomme, un morceau de viande, une olive\u2026 ne rapporte rien \u00e0 l\u2019agrobusiness. Les marques alimentaires savent depuis longtemps que vendre en l\u2019\u00e9tat des produits de la nature ne permet pas de prot\u00e9ger une recette et d\u2019engendrer du profit. Ils doivent alors trouver des \u00ab innovations \u00bb pour proposer un aliment transform\u00e9 \u2014 devenant propri\u00e9t\u00e9 de la marque. Si l\u2019aliment transform\u00e9 devient un succ\u00e8s, l\u2019entreprise se pr\u00e9sente alors comme un gardien de la recette. Garante de sa forme et de son go\u00fbt standardis\u00e9, elle s\u2019\u00e9vertue \u00e0 le reproduire avec la m\u00eame saveur, en \u00e9t\u00e9 comme en hiver.<\/p>\n<p><strong>80 % de notre alimentation est \u00e0 base d\u2019aliments transform\u00e9s. Qu\u2019est-ce que cela dit de notre rapport \u00e0 l\u2019alimentation\u2009?<\/strong><br \/>\nCela en dit long sur le rapport que le marketing entretient avec ses clients\u2026 de fid\u00e8les consommateurs.<br \/>\nDepuis 40 ans, nous ne mangeons plus par n\u00e9cessit\u00e9, mais par plaisir. Ce n\u2019est pas naturel, cet \u00e9tat a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par des d\u00e9cennies de communication qui mart\u00e8lent que nous avons droit au plaisir. Nous confondons plaisir et bonheur. Le premier est fugace, bref, stimul\u00e9 par la dopamine, le second se cultive pour un effet durable.<br \/>\nEt justement, le sacro-saint plaisir invoqu\u00e9 par les publicit\u00e9s, toujours plus insistantes, nous fait croire que manger apporte une solution aux probl\u00e8mes, une r\u00e9ponse \u00e0 nos maux et conforte un statut social \u2014 certains parents ne peuvent pas imaginer que leurs enfants ne puissent pas avoir acc\u00e8s \u00e0 un fast food. Comme un droit, ils font tout pour offrir ce plaisir \u00e0 leurs enfants\u2009!!<br \/>\nNotre soci\u00e9t\u00e9 de surconsommation a accept\u00e9 les produits les plus farfelus et a particip\u00e9 \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 d\u2019enseignes alimentaires \u00ab d\u00e9l\u00e9t\u00e8res \u00bb. Nous avons confi\u00e9 nos \u00e9tats d\u2019\u00e2me \u00e0 des multinationales friandes de nos confessions intimes. Elles ont appris \u00e0 nous conna\u00eetre. Elles ont traqu\u00e9 nos faiblesses pour vendre toujours plus et se sont cach\u00e9s derri\u00e8re le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une attente des consommateurs. Notre syst\u00e8me alimentaire s\u2019est repos\u00e9 sur un principe de libert\u00e9 qui a finalement beaucoup plus profit\u00e9 aux lobbies agroalimentaires qu\u2019aux consommateurs.<\/p>\n<p><strong>Quelle est votre d\u00e9finition de la \u00ab malbouffe \u00bb\u2009?<\/strong><br \/>\nStella et Jo\u00ebl de Rosnay, auteurs de la \u00ab malbouffe \u00bb parus en 1981, \u00e0 qui l\u2019on attribue la premi\u00e8re utilisation de ce terme, pensaient qu\u2019il faut bien se nourrir pour mieux vivre. Ils avaient raison, mais ne se doutaient pas de l\u2019ampleur que le ph\u00e9nom\u00e8ne allait prendre.<br \/>\nLa malbouffe, affubl\u00e9e d\u2019une image de hamburger-frite-soda \u00e9tait la premi\u00e8re \u00e9tape de la transformation de notre soci\u00e9t\u00e9. Aujourd\u2019hui l\u2019ic\u00f4ne ne suffit plus, car la malbouffe a pris un tout autre visage. Elle commence d\u00e8s que l\u2019on confie l\u2019\u00e9ducation de nos enfants aux chants des sir\u00e8nes de l\u2019agroalimentaire. Un enfant qui grandit dans l\u2019id\u00e9e qu\u2019un l\u00e9gume brut n\u2019est pas bon, qu\u2019un poisson doit \u00eatre pan\u00e9, qu\u2019un plat cuisin\u00e9 est aussi b\u00e9n\u00e9fique qu\u2019un plat maison ou bien que le gout passe forc\u00e9ment par le sucre, a tous les risques d\u2019\u00eatre un \u00ab malbouffeur \u00bb. Son plaisir sera intense, sans int\u00e9r\u00eat et confi\u00e9 \u00e0 l\u2019industrie alimentaire. Son bonheur sera moindre, fragile, conditionn\u00e9\u00a0 et confi\u00e9 \u00e0 l\u2019industrie pharmaceutique.<\/p>\n<p><strong>Se passer \u00e0 100 % de l\u2019alimentation industrielle, c\u2019est possible\u2009?<\/strong><br \/>\nL\u2019aliment industriel est partout, souvent \u00e0 cause de nous qui l\u2019avons accept\u00e9 ou pl\u00e9biscit\u00e9 depuis trop d\u2019ann\u00e9es. Pour mener \u00e0 bien un combat, il faut le commencer\u2009! Et pour le commencer, il faut accepter que les consommateurs \u00ab militants \u00bb y adh\u00e8rent par palier. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Je comprends le parcours de chacun et encourage chaque initiative qui abonde dans le sens du consommateur. Chaque chose en son temps. Certes, des mati\u00e8res premi\u00e8res comme le sucre blanc, le beurre ou la farine blanche sont utilis\u00e9es chaque jour pour r\u00e9aliser des produits faits \u00ab maison \u00bb. Pour faire la part des choses, aucun aliment industriel ne rentre \u00e0 la maison. Ma farine de petit \u00e9peautre est produite par un petit paysan. Mon beurre est un biologique de baratte, mon sucre un biologique non raffin\u00e9\u2026 \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur, je milite pour faire adopter un maximum de mati\u00e8res premi\u00e8res non raffin\u00e9es, brutes, locales et biologiques \u00e0 mes amis et les lieux o\u00f9 je mange. Je cautionne les restaurants qui cuisinent \u00ab maison \u00bb, tout en conservant une petite part de produits basiques comme le sucre blanc ou le beurre industriel et je lutte contre ceux qui ne savent user que de ciseaux pour ouvrir des sachets plastiques industriels.<br \/>\nC\u2019est pas facile, mais en quinze ans, les choses ont boug\u00e9 gr\u00e2ce notamment \u00e0 une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration qui ont actuellement 20-25 ans et qui en ont ras le bol de \u00ab bouffer \u00bb. C\u2019est tr\u00e8s r\u00e9cent. Le d\u00e9clencheur est souvent leur premier enfant. Il me confie ne pas vouloir infliger \u00e0 leurs enfants ce qu\u2019ils ont mang\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Des produits industriels bio, c\u2019est une h\u00e9r\u00e9sie\u2009?<\/strong><br \/>\nIl est vrai que face au succ\u00e8s du bio, des multinationales investissent ce monde depuis quelques ann\u00e9es. Pour ne pas \u00eatre dup\u00e9, j\u2019applique aux aliments bios la m\u00eame r\u00e8gle qui me permet de d\u00e9clarer si oui ou non un aliment est un produit industriel. Si un produit biologique \u2014 qui devrait avoir une \u00e9thique encore plus ferme \u2014 utilise des ingr\u00e9dients complexes ou inconnus de mon placard, si il a les moyens de se payer un spot TV couteux, s\u2019il est suremball\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de packaging digne d\u2019une agence de communication, s\u2019il se retrouve calibr\u00e9 et propre sur lui dans une cagette num\u00e9rot\u00e9e, s\u2019il est compl\u00e8tement recompos\u00e9\/transform\u00e9 ou bien s\u2019il s\u2019affiche a un prix trop d\u00e9risoire\u2026 je doute alors de sa valeur artisanale, nutritionnelle, \u00e9thique et\/ou durable.<br \/>\nLe bio est une affaire qui doit rester locale et artisanale autant que possible. Il n\u2019est pas rare de rencontrer de formidables producteurs qui refusent le passage \u00e0 la certification, pour produire calmement, sans pression, sans d\u00e9pense inutile et surtout sans l\u2019afflux de clients \u00ab bobos du bio \u00bb. Ils vont souvent plus loin que le cahier des charges initial par respect de l\u2019aliment, \u00e0 la recherche d\u2019un produit digne \u2014 qui sert \u00e0 nourrir leurs propres enfants.<br \/>\nL\u2019h\u00e9r\u00e9sie se situe \u00e0 la commission europ\u00e9enne qui, sous la pression des lobbies, tente appauvrir le cahier des charges de l\u2019alimentation biologique.<br \/>\nCette m\u00eame h\u00e9r\u00e9sie se situe au niveau de multinationales qui tentent d\u2019imposer une agriculture biologique bas\u00e9e sur l\u2019achat exclusif et nomenclatur\u00e9 de graines \u00ab st\u00e9riles \u00bb, propri\u00e9taires et g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Que transmettre \u00e0 ses enfants en mati\u00e8re d\u2019alimentation\u2009?<\/strong><br \/>\nLe primordial, l\u2019essentiel : la cuisine. Demandez \u00e0 un ministre d\u2019instaurer des cours de cuisine obligatoires \u2014 et d\u00e9nu\u00e9s d\u2019int\u00e9r\u00eats commerciaux bien entendu \u2014 pour apprendre aux enfants \u00e0 conna\u00eetre le vivant, les saisons et la r\u00e9alit\u00e9 du gout\u2009! Vous allez essuyer un \u00e9chec. La pression des int\u00e9r\u00eats de l\u2019agroalimentaire sera trop forte et p\u00e8sera sur la d\u00e9cision finale.<br \/>\nJe ne le dirais jamais assez. Le meilleur moyen de lutter contre la malbouffe reste l\u2019information. Le meilleur outil est la cuisine. Elle apporte la coordination cognitive, le respect, la vigilance, la m\u00e9moire, l\u2019entraide, la connaissance, les r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne\u2026 et reste une formidable fa\u00e7on de s\u2019affranchir des industriels.<br \/>\nProfitons de ce carr\u00e9 de libert\u00e9. Votre cuisine vous appartient et ne souffre d\u2019aucune subvention ou chantage \u00e0 l\u2019utilisation de produits industriels.<br \/>\nEn somme, la meilleure arme contre la malbouffe reste l\u2019apprentissage de la cuisine.<br \/>\nIl faut revoir les fondements de tout aliment. Une farine nutritive c\u2019est quoi\u2009? Une c\u00e9r\u00e9ale est-elle si importante dans notre alimentation\u2009? R\u00e9aliser un plat savoureux est-ce compliqu\u00e9\u2009?<\/p>\n<p><strong>Comment renoncer aux produits industriels sans mettre \u00e0 mal toute l\u2019organisation de la vie familiale\u2009?<\/strong><br \/>\n(Rires) Au contraire. Une des raisons de renoncer aux produits industriels est de r\u00e9organiser sa vie familiale. Faites le test. Un passage en boutique bio, une fois par semaine, pour des produits manufactur\u00e9s, comme une pur\u00e9e de pomme-poire ou une tablette de chocolat noir. Et le reste du temps, un am\u00e9nagement diff\u00e9rent pour faire un circuit \u00ab en famille \u00bb incluant le march\u00e9, la ferme et \/ou l\u2019artisan. \u00c0 la maison, la cuisine prend un peu la place des tablettes de jeux et devient, au m\u00eame titre que les math\u00e9matiques, une mati\u00e8re obligatoire. On cuisine pour le soir, pour la gamelle du lendemain. On cuisine aussi le dimanche soir pour s\u2019avancer la semaine. De Paris ou province, c\u2019est du v\u00e9cu r\u00e9alisable qui repousse l\u2019id\u00e9e que les courses et la cuisine sont des corv\u00e9es chronophages et complexes. Pratiquer une cuisine d\u2019assemblage prend dix minutes.<br \/>\nLa vie familiale est d\u2019exp\u00e9rience, plus sereine, plus calme, plus en phase avec la r\u00e9alit\u00e9. Les repas finissent par \u00eatre rituels, plus respectueux du travail de chacun. On se parle beaucoup plus, on \u00e9change, on respire.<\/p>\n<p><strong>Vous insistez sur la place des marques et de la publicit\u00e9. Quels sont les liens entre ces deux \u00e9l\u00e9ments et notre fa\u00e7on de consommer\u2009?<\/strong><br \/>\nLes consommateurs ne consomment plus une pomme, mais une \u00ab Pink Lady \u00bb, non pas une p\u00e2te \u00e0 tartiner, mais du \u00ab Nutella \u00bb ou non pas un jus, mais un \u00ab Minute Maid \u00bb. Ce langage est apparu fortement au d\u00e9but des ann\u00e9es 80. Dans le livre <em>Je ne mange pas de produits industriels<\/em>, j\u2019\u00e9crivais justement que l\u2019alimentation \u00ab <em>devenait \u201cmarket\u00e9e\u201d. C\u2019est-\u00e0-dire que les marques, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes depuis longtemps pour certaines, s\u2019imposent dor\u00e9navant par la pub t\u00e9l\u00e9 dans tous les foyers. De nouveaux produits se substituent \u00e0 des habitudes alimentaires. Mon morceau de chocolat devient une p\u00e2te \u00e0 tartiner \u201cNutella\u00ae\u201d, un \u201cGalak\u00ae\u201d ou un \u201cMerveilles du Monde\u201d, mon go\u00fbter fait de pain et de confiture se mue en pain d\u2019\u00e9pice \u201cProsper\u00ae\u201d, en biscuits \u201cP\u00e9pito\u00ae\u201d, \u201cZ\u2019animo\u00ae\u201d ou en c\u00e9r\u00e9ales \u201cFrosti\u00ae\u201d, et les barquettes de glace s\u2019\u00e9clipsent devant la glace en b\u00e2tonnet \u201cDisco\u201d de Motta, le \u201cPouss-Pouss\u00ae\u201d ou la fus\u00e9e \u201cMiko\u00ae\u201d. \u00c0 la cantine, d\u00e9barquent aussi en fanfare la \u201cBelle des champs\u201d, la \u201cVache qui rit\u201d la \u201cV\u00e9g\u00e9taline\u00ae\u201d, le pot \u201cMiko\u00ae\u201d vanille-fraise-pistache ou chocolat, les mini-berlingots \u201cNestl\u00e9\u00ae\u201d. Dans la cour d\u2019\u00e9cole s\u2019\u00e9changent les \u201cKinder\u00ae\u201d, les \u201cPschitt\u00ae\u201d, les \u201cRaider\u00ae\u201d, \u201cBonitos\u00ae\u201d, \u201cPicorettes\u00ae\u201d et \u201cMalabar\u00ae\u201d pour ne citer qu\u2019eux.<\/em>\u00bb<br \/>\nLes marques ont pouss\u00e9 l\u2019art de la s\u00e9duction \u00e0 son paroxysme et face \u00e0 une demande nationale ou internationale croissante, l\u2019alimentation est devenue \u201cmassivement\u201d industrielle. Chaque marque d\u00e9sire s\u00e9duire le plus grand nombre de consommateurs. N\u2019oublions jamais que le leitmotiv de l\u2019industrie agroalimentaire n\u2019est pas l\u2019alimentation, mais le profit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici la reprise d&rsquo;une interview paru sur femininbio.fr, le 15\u00a0 avril\u00a02016 Droits exclusifs www.femininbio.fr. Reproduction ou ping interdit\u00a0sans autorisation. 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