Emballage néfaste ?

Plus que le contenu, le contenant inquiète. Les scandales alimentaires ont laissé la place aux scandales des emballages plastiques…

Pourquoi pas. C’est légitime et chacun d’entre nous a le droit d’être informé. Toutefois avant de vous proposer un schéma récapitulatif, j’insisterai sur l’effet secondaire que peuvent apporter ces campagnes de communication (ou de dénigrement).
En 1984, une loi imposa l’affichage des DLC [Date Limite de Consommation] sur les yaourts, desserts et autres produits frais en France. À la suite de cela, nous avons constaté que la focalisation des gens se braquait sur cette information au détriment de la liste d’ingrédients. Désormais, comme aux États-Unis, nous étions victimes de l’effet de masque. Tant que notre peur est focalisée sur un « artifice », nous en oublions le principal.
Depuis le début des années 90 à ce jour, j’ai plusieurs fois interrogé les consommateurs en rayons et en formation pour avoir leur avis. Sans appel ! Tous me signalent leurs priorités à regarder les dates pour conserver une hygiène irréprochable. Ils n’arrivent même plus à répondre à ma dernière question
« Mais comment faisiez-vous avant pour manger des yaourts ? »
Il faut quand même savoir que la plupart des camemberts prêts à consommer ont dépassé la date limite et partent à la poubelle. Et puis, un yaourt, un mois après, on le goutait, on faisait confiance à ses instincts, et on le consommait en toute considération.

En 2011, la campagne d’information concernant le plastique est, je le rappelle, très importante. Je la suis de près et ne cesse de critiquer les risques encourus par des films alimentaires riches en phtalates enveloppant les fruits biologiques et autres aliments.
Mais gare ! Ne pas resserrer sa lorgnette pour ne regarder plus que cela. Le marketing va se charger d’insister sur ses emballages sans phtalates, sans bisphénol, mais avec tellement d’autres additifs dans la composition même du produit. Vivrons nous l’effet de masque ?

Pour savoir quel plastique est utilisé dans votre emballage, il suffit de regarder le code situé ci-dessous.
Le code de recyclage vous informera sur sa composition.

1 • La composition

• 1 • PETE, PET ou Polytéréphtalate d’éthylène glycol (bouteille, …)

Polyéthylène téréphtalate : utilisé habituellement pour les bouteilles d’eau minérale, de sodas et de jus de fruits, les emballages, les blisters, les rembourrages. Potentiellement dangereux pour l’usage alimentaire

• 2 :
HDPE, PEHD ou Polyéthylène haute densité (flacons,…

Polyéthylène haute densité : certaines bouteilles, flacons, et plus généralement emballages semi-rigides. Considéré comme sans danger pour l’usage alimentaire ;

• 3 :
V, PVC ou Polychlorure de vinyle (tuyaux, gaines…)

Polychlorure de vinyle : utilisé pour les canalisations, tubes, meubles de jardin, revêtements de sol, profilés pour fenêtre, volets, bouteilles de détergents, toiles cirées. Potentiellement dangereux pour l’usage alimentaire (peut contenir des dioxines, du bisphénol A, du mercure, du cadmium) ;

• 4
LDPE, PELD ou Polyéthylène basse densité (sacs, films d’emballage,…)

Polyéthylène basse densité : bâches, sacs poubelle, sachets, films, récipients souples. Considéré comme sans danger pour l’usage alimentaire ;

• 5
PP ou Prolypropylène (bouchons,…)

Polypropylène : utilisé dans l’industrie automobile (équipements, pare-chocs), jouets, et dans l’industrie alimentaire (emballages). Considéré comme sans danger pour l’usage alimentaire ;

• 6
PS ou Polystyrène (isolations, jouets,…)

Polystyrène : plaques d’isolation thermique pour le bâtiment, barquettes alimentaires (polystyrène expansé), couverts et gobelets jetables, boitiers de CD, emballages (mousses et films), jouets, ustensiles de cuisine, stylos, etc. Potentiellement dangereux, notamment en cas de combustion (contient du styrène)

•  7 :
O, OTHER ou autres.

Tout plastique autre que ceux nommés de 1 à 6. Inclut par exemple les plastiques à base de polycarbonate ; les polycarbonates de bisphénol A sont potentiellement toxiques.

2 • En résumé

—— À ÉVITER ——
• 3 : • 6•  7 :

Les plastiques susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens sont les numéros 3, 6 et 7.
Le Dr Laurent Chevalier insiste « Les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les enfants en bas âges devraient réduire leur consommation d’aliments emballés dans ces plastiques« .

—— À CONSOMMER ——
• 1 • • 2 : • 4• 5

Moins problématiques. Peu ou pas de risques de migrations de perturbateurs endocriniens.

3 • Le mémo

Sources : http://www.pratique.fr, santé magazine d’avril 2011, Merci à Stéphanie P.

1 commentaires

  1. 1011

    Il n’y a pas que les produits d’emballage qui sont nocifs mais aussi les étiquettes !
    Plasticienne engagée, j’ai réalisé une série de dessins intitulée « Pouvoir d’achat » Absurdité et cynisme des mots utilisés pour l’étiquetage des barquettes de viandes. Cette série de dessins aux crayons de couleur reprend mot pour mot les étiquettes des communicants de l’agroalimentaire. Non seulement les emballages sont polluants e dangereux mais en plus ils sont … stupides !

    > A découvrir : https://1011-art.blogspot.fr/p/dessein.html

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